Procès Ullens : l'avocate générale affirme que la préméditation est établie

L'avocate générale Laure Wynants a requis un verdict d'assassinat contre Nicolas Ullens, estimant que les neuf minutes écoulées avant le tir excluent tout acte spontané.

Procès Ullens : l'avocate générale affirme que la préméditation est établie

Réquisitoire au procès Ullens : « Ce n'est pas ainsi qu'on cherche à blesser, c'est ainsi qu'on tue »

RTBF Info rapporte que l'avocate générale Laure Wynants a prononcé un réquisitoire concis et direct devant le jury, centré exclusivement sur les faits. Elle a expressément demandé aux jurés d'écarter de leur délibération toute considération liée à l'héritage ou aux tensions familiales. « Derrière le strass et les paillettes, c'est de la mort violente d'une femme dont il est question », leur a-t-elle rappelé.

Pour Wynants, les éléments constitutifs du meurtre ne souffrent aucune contestation. Nicolas Ullens a tiré six balles à bout portant en direction de sa belle-mère Myriam Lechien, dont trois ont atteint des régions vitales de son corps. « Ce n'est pas ainsi qu'on cherche à blesser, c'est ainsi qu'on tue », a-t-elle affirmé devant le jury.

La question centrale du procès porte sur la préméditation, qui distingue l'assassinat du simple meurtre. Sur ce point également, l'avocate générale s'est montrée catégorique. Elle a mis en avant « neuf longues minutes » séparant le moment où Nicolas Ullens a quitté la propriété de son père et celui où la voiture conduite par Myriam Lechien — avec Guy Ullens à son bord — en est sortie à son tour. Durant ces neuf minutes, il aurait pu renoncer, selon Wynants, ce qui rend incompatible toute qualification de « réaction spontanée ».

Le déroulé précis des faits renforce, selon elle, cette conclusion. Ce jour-là, Nicolas Ullens a percuté le véhicule, l'a contourné à pied, puis a « tiré juste et droit », en veillant à ne pas atteindre son père. Ce comportement ciblé témoigne, pour l'avocate générale, d'un contrôle total de ses actes, à l'opposé de la « dissociation » invoquée par la défense.

Wynants a également souligné que l'expertise psychiatrique n'a relevé aucune maladie mentale chez l'accusé. « Myriam Lechien n'est pas morte des suites d'un moment d'égarement, mais parce qu'un homme a décidé délibérément de la tuer », a-t-elle conclu devant les jurés.

Le procès se poursuit avec la plaidoirie de la défense de Nicolas Ullens, qui comparaît libre.

Source: RTBF Info

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