Trois scènes de violences conjugales devant le tribunal de Charleroi, deux ans de prison requis

Jean-Jacques, récidiviste, comparaît pour trois faits de violence sur sa compagne. Le parquet réclame deux ans ferme ; jugement le 17 septembre.

Récidive pour violences conjugales : deux ans de prison ferme requis contre Jean-Jacques

Selon DHnet, c'est en chaise roulante, physiquement diminué, que Jean-Jacques a été extrait de la prison de Jamioulx ce jeudi après-midi pour répondre de trois scènes de violence conjugale devant le tribunal correctionnel de Charleroi.

Première scène : une portière et un hématome

Le 1er août 2025, la compagne du prévenu appelle la police. D'après le parquet, elle a tenté d'ouvrir la portière du véhicule pour prendre l'air, mais a été retenue par le bras. Les agents constatent un hématome à l'arrivée sur les lieux. Jean-Jacques nie toute violence : il affirme l'avoir retenue « pour ne pas qu'elle parte seule dans le noir et soit agressée ».

Deuxième scène : une gifle après une demande d'aérosol

Environ un mois plus tard, le 28 septembre, la victime déclare avoir reçu une gifle après avoir réclamé son aérosol au prévenu. Pour ce coup de coude au visage, le sexagénaire soutient que le geste « n'a pas été fait exprès ».

Troisième scène : une substitute du parquet témoin des faits

L'incident le plus grave s'est produit le 17 juillet dernier. Ce jour-là, c'est une substitute du procureur, présente sur place par hasard, qui alerte la police en constatant qu'un homme frappe sa compagne — un « bon réflexe », selon le parquet. À l'arrivée des agents, la victime est en état de choc : son pantalon est humide et elle présente plusieurs lésions corporelles, dont une plaie ouverte et saignante au front.

La substitute du procureur explique que la compagne avait demandé au prévenu de venir la chercher au Colruyt. En montant dans le véhicule, elle a constaté qu'il était sous l'influence de l'alcool et a refusé de monter. Elle aurait alors été violemment poussée ; en chutant, sa tête a heurté le sol. Deux autres témoins confirment avoir vu le prévenu plaquer la victime avant de la faire monter de force dans la voiture. Jean-Jacques conteste également ce fait : il dit avoir fait « une balayette accidentelle » après un malaise et nie avoir frappé quiconque.

La compagne défend le prévenu, le parquet ne partage pas cet avis

Présente dans la salle d'audience, la compagne a pris la défense de Jean-Jacques. « Monsieur n'a rien fait, il est innocent », a-t-elle déclaré. La magistrate du parquet ne partage pas cette lecture des faits. Elle requiert deux ans de prison ferme, soulignant que le prévenu se trouvait sous le coup d'un sursis probatoire au moment des faits, après avoir été condamné en janvier 2023 pour des violences similaires sur une ancienne compagne. Le dossier judiciaire de Jean-Jacques comporte en outre deux tentatives de meurtre.

La défense sollicite un sursis probatoire. Le jugement est attendu pour le 17 septembre.

Source: DHnet

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