Affaire Housni N. : le couple revient en appel pour assassinat en Loiret
Stéphane M. et Karine M. sont jugés en appel à Paris du 12 au 23 octobre pour la mort mystérieuse d'un entrepreneur découvert criblé de balles dans une maison de Courtenay en 2019. Le couple avait été acquitté en première instance.

Le retour du dossier "Cluedo" devant la justice
Selon BFM TV, Stéphane M. et Karine M. sont de retour au Palais de justice de Paris ce lundi 12 octobre pour affronter à nouveau les accusations d'assassinat, d'association de malfaiteurs et de modification de l'état des lieux d'un crime. Six ans après la découverte du corps d'Housni N., directeur d'une agence de location de voitures de luxe, les enquêteurs cherchent encore à élucider les zones d'ombre de ce que les policiers appellent le « dossier Cluedo ».
En février 2025, après leur procès en première instance, le couple avait été acquitté au bénéfice du doute. Saisi d'un appel du parquet général, le tribunal rouvre le dossier. Le verdict est attendu pour le 23 octobre.
Les circonstances de la découverte
Le 26 juin 2019, des officiers de la police judiciaire des Hauts-de-Seine se présentent à une maison d'architecte inhabitée de Courtenay, dans le Loiret. Depuis quatre jours, la compagne d'Housni N. a signalé sa disparition. Elle l'avait vu pour la dernière fois le 20 juin au matin, quand il s'était rendu à cette demeure pour un devis concernant la rénovation d'une piscine, dans une résidence qu'il envisageait d'acquérir.
Les policiers explorent le bâtiment sans rien découvrir de notable. Ils se préparent à partir lorsqu'ils remarquent une porte du sous-sol fermée à clé qu'ils n'avaient pas encore franchie. Après l'avoir forcée, ils trouvent le corps d'Housni N., adossé à un mur, criblé de balles. Une seule douille de munition repose sur son épaule gauche.
Les traces et le nettoyage
Les enquêteurs relevèrent une forte odeur d'eau de javel. Le sol était encore humide et aucune trace de sang n'a été découverte, indiquant que la scène avait été nettoyée. Impossible de mettre la main sur la clé de la pièce. Par ailleurs, la voiture utilisée par la victime a été retrouvée à Grigny, en Essonne, à plus de 50 kilomètres du lieu du crime.
L'identification des suspects
La police identifie rapidement Stéphane M., 45 ans à l'époque des faits, qui devait rencontrer la victime à Courtenay le jour de sa disparition. Les deux hommes s'étaient connus deux jours plus tôt par l'intermédiaire d'un ami commun. Stéphane M. avait alors confié chercher des petits travaux rémunérés au noir. La rencontre à la maison de Courtenay avait été fixée pour le surlendemain.
L'enquête identifie également Karine M., compagne de Stéphane M., comme impliquée présumément dans les faits.
Les indices contre le couple
En juillet 2019, une perquisition au domicile du couple révèle plusieurs boîtes de cartouches de calibres divers. Tous deux étaient membres d'un stand de tir. Parmi les munitions, un paquet entamé de cartouches de 22 Long Rifle, compatibles avec l'arme ayant tué Housni N.
D'autres éléments ont interpellé les enquêteurs. Un SMS que Stéphane M. admet avoir prérédigé, destiné à être envoyé par sa compagne le 20 juin en milieu de journée pour laisser croire qu'il n'avait pas quitté son domicile. Il est aussi établi qu'il a conduit la voiture de la victime jusqu'à Grigny lors de la nuit du 20 au 21 juin. Enfin, le couple a signalé un cambriolage quelques jours après les faits, au cours duquel il aurait perdu plusieurs armes, dont un 22 Long Rifle.
Les versions de Stéphane M.
Placé en garde à vue, Stéphane M. modifie plusieurs fois son récit. Il prétend finalement qu'Housni N. l'avait embauché pour un transport de stupéfiants, non pour des travaux, et qu'il avait cherché à se couvrir pour éviter des ennuis avec la justice. Cette explication ne convainct pas les enquêteurs, qui notent qu'Housni N. disposait de contacts suffisants dans le milieu du trafic pour confier une telle mission à un quasi-inconnu.
La question du mobile
L'ordonnance de mise en accusation de la juge d'instruction propose un scénario : Stéphane M. aurait pu être engagé par un tiers ayant des comptes à régler avec la victime. Cependant, cette hypothèse demeure spéculative. Pourquoi un homme rencontré seulement deux jours plus tôt aurait-il commis cet acte demeure l'une des principales énigmes du dossier.
Karine M. s'est vue reprocher d'avoir accepté d'envoyer le SMS disculpant son conjoint le jour des faits, et de l'avoir suivi en voiture jusqu'à Grigny le 21 juin au petit matin alors qu'il déplaçait le véhicule de la victime.
Le procès en appel doit permettre de lever certaines zones d'ombre, sept ans après la mort mystérieuse du directeur d'agence dans la maison de Courtenay.
Source: BFM TV