Athlète Wilfried Happio reconnu coupable de violences conjugales
Le coureur français de 400 m haies a été condamné mercredi à six mois de prison avec sursis pour violences envers son ex-compagne. Il annonce l'arrêt de sa carrière sportive.

Condamnation et fin de carrière
Selon 20minutes.fr, le tribunal judiciaire de Créteil a reconnu coupable Wilfried Happio, 28 ans, pour violences conjugales commises entre 2018 et 2019 envers Hajar Hajjia Goncalves. Le coureur de 400 m haies, vice-champion d'Europe en 2022 et participant aux Jeux olympiques de Paris 2024, a reçu mercredi une peine de six mois d'emprisonnement intégralement assorti de sursis. Le tribunal l'a également condamné à verser 2.000 euros de dommages et intérêts à la victime et lui a interdit tout contact avec elle pendant deux ans.
Happio a reconnu durant l'audience des faits de violence verbale, affirmant être « le premier responsable » d'une « relation toxique ». Il a en revanche rejeté les accusations de violences physiques. Hajar Hajjia Goncalves avait raconté au Monde en juillet 2024, photos à l'appui, avoir subi « un énorme coup de poing dans la tête » et d'autres agressions. Son avocate, Me Lina Belkora, a déclaré que « le tribunal a rendu une décision importante aujourd'hui » en rappelant qu'aucune violence « ne peut être tolérée au sein du couple ».
Mercredi soir, la plaignante s'est dite « soulagée » par la condamnation, tout en regrettant que le suspect n'ait pas reconnu les faits : « On sait la difficulté d'amener ce genre d'affaire jusqu'au bout. » Le tribunal a accepté de ne pas inscrire la condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire d'Happio, contrairement à la demande du parquet qui avait requis 12 mois d'emprisonnement avec sursis sur cinq ans.
Procédure disciplinaire et retrait du sport
La Fédération française d'athlétisme (FFA) avait lancé une procédure disciplinaire interne en 2024 après la publication du témoignage dans la presse. Malgré cette procédure, l'institution s'était appuyée sur la présomption d'innocence pour maintenir la sélection d'Happio aux Jeux olympiques de Paris, où il a été éliminé durant les demi-finales.
L'athlète avait également fait l'objet d'une plainte pour agression sexuelle pour des actes commis à l'Insep, classée sans suite en juin 2023. Une enquête interne de l'Insep six mois plus tôt n'avait pas donné lieu à sanction. Plus récemment, l'Unité d'intégrité de l'athlétisme (AIU) l'a suspendu dix-huit mois en 2025 pour manquements aux obligations antidopage de localisation. Cette sanction a pris fin le 29 juillet.
Mercredi, devant le juge, Happio a annoncé l'arrêt définitif de sa carrière d'athlète professionnel. « La temporalité de la publication de l'article du Monde, juste avant les JO de Paris, a été dévastatrice pour moi, a-t-il expliqué. Ça m'a totalement détruit et dégoûté du haut niveau. » Il a précisé qu'une compétition s'était déroulée l'été précédent sans entraînement, mais que courir dans un stade « où on est mal reçu, ça n'amène pas la performance ». À 28 ans, Wilfried Happio met fin à une carrière marquée par plusieurs controverses et enquêtes.
Source: Le Monde - Justice