Belfort : deux jeunes condamnés pour violences contre policiers
Deux hommes majeurs ont été condamnés jeudi à Belfort pour avoir lancé des projectiles sur les forces de l'ordre lors de manifestations lycéennes. Inconnus de la justice, ils font partie des 34 jeunes interpellés depuis le début de la mobilisation.

Condamnations lors des manifestations lycéennes
Selon BFM TV, deux jeunes hommes ont été condamnés jeudi 1er octobre par le tribunal correctionnel de Belfort pour violences contre les forces de l'ordre en marge des manifestations lycéennes. Les deux prévenus, jusqu'à présent inconnus de la justice, font partie des 34 jeunes interpellés depuis mardi 29 septembre à Belfort.
Jugés en comparution immédiate, ils ont reçu des peines différentes. Le premier a été condamné à un an de prison avec sursis probatoire pendant deux ans. Le second a reçu 140 heures de travail d'intérêt général, avec six mois d'emprisonnement en cas de non-exécution.
Le profil des condamnés
Le premier prévenu, domicilié près de Montbéliard dans le Doubs, a reconnu avoir jeté des projectiles en direction des forces de l'ordre et les avoir insultées. Venu à Belfort pour soutenir les revendications lycéennes, il avait interrompu ses études de commerce. Il a nié s'être rebellé, affirmant que « la manifestation a dégénéré, je me suis laissé emporter ». Il avait tatoué les lettres ACAB sur ses doigts.
Son avocat, Enguerrand Bagot, l'a présenté comme un étudiant mal orienté venu manifester son inquiétude face à son avenir, plutôt que comme un militant violent. Le procureur Paul-Edouard Lallois a qualifié ACAB de mot « revendicatif des Black Blocs », dénonçant des « faits extrêmement graves » commis « en marge d'un mouvement lycéen où des jeunes manifestent totalement pacifiquement ».
Le second prévenu, en formation BTS maintenance, a aussi reconnu avoir lancé des cailloux contre les forces de l'ordre et incendié une poubelle. Le visage dissimulé par une cagoule qu'il dit avoir reçue d'une fenêtre, il a expliqué avoir été influencé par d'autres : « Des gens distribuaient des cailloux en disant 'jetez, jetez' (...) Je me suis fait influencer, j'ai pas réfléchi, j'ai été bête ». Son avocate, Justine Lurati, l'a décrit comme « un chouette gamin » qui s'est « mal comporté » mais a pris conscience de la gravité des faits en garde à vue.
Les réactions du parquet
Le procureur Alexandre Vial a rejeté l'argument selon lequel les jeunes auraient été entraînés. Il a souligné le « profil assez surprenant » de nombreux jeunes interpellés au casier judiciaire vierge. « Tout le monde a été emporté bien malgré lui. À croire qu'on a eu des légions de jeunes qui se sont retrouvés malgré eux avec des cagoules à caillasser la police », a-t-il ironisé, mettant en doute la sincérité de leurs explications.
Source: BFM TV