Belfort : deux lycéens poursuivis pour agression d'un policier
Deux mineurs de 15 et 17 ans ont été entendus pour violences aggravées après le passage à tabac d'un policier lors de manifestations lycéennes à Belfort le 2 octobre. Le plus âgé a porté plainte pour tentative de meurtre contre le policier.

Agression lors du blocage des lycées
Deux lycéens de 15 et 17 ans sont poursuivis pour violences aggravées après avoir frappé un policier le vendredi 2 octobre à Belfort, selon centrepresseaveyron.fr. Les adolescents ont été déférés en vue de leur mise en examen suite à des heurts qui se sont déroulés aux abords du lycée Courbet en marge du mouvement de blocage lycéen.
L'enquête a initialement porté sur une tentative de meurtre, mais le parquet a changé de qualification faute d'« éléments probants » sur une intention de tuer. Les deux mineurs sont scolarisés au lycée Courbet. L'un est en classe de première et âgé de 15 ans ; l'autre, de nationalité bulgare, aura 18 ans à la fin du mois. Tous deux sont sans antécédents judiciaires.
Le policier, chef du renseignement départemental, a été frappé à terre après avoir tenté d'interpeller le lycéen de 17 ans, qu'il avait repéré comme participant aux jets de projectiles et aux feux de poubelles. Des vidéos en ligne montrent l'agent en civil projeté au sol, frappé par une personne vêtue de noir qui lui assène plusieurs coups de poing au visage. Au moins deux autres personnes lui donnent des coups de pied.
Le suspect a reconnu avoir porté « deux coups de pied à la tête » et a « exprimé des regrets importants » selon le procureur Paul-Édouard Lallois. L'agression s'est produite vendredi matin, alors qu'environ 200 jeunes étaient rassemblés aux abords du lycée, dont une cinquantaine se livraient à des violences selon les autorités.
Plainte contre-récurrente pour tentative de meurtre
Le lycéen de 17 ans a porté plainte pour tentative de meurtre contre le policier. Son avocat, Arié Alimi, accuse l'officier d'avoir tenté de noyer le jeune homme lors de la tentative d'arrestation aux abords d'un ruisseau. Des vidéos diffusées en ligne montrent l'agent et le jeune homme sortant de l'eau, la séquence étant en partie obstruée par la végétation. Les images ne permettent pas de confirmer ou d'infirmer si la tête du lycéen a été immergée.
Le procureur a indiqué que lors de sa garde à vue, le suspect a répondu par la négative à la question de savoir s'il pensait que le policier avait tenté de le noyer. Ce point est contesté par Me Alimi. L'immobilisation du jeune homme s'est produite avant l'agression par plusieurs lycéens.
Contexte de durcissement du mouvement
L'agression a provoqué une vive réaction du ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a dénoncé des images « insoutenables » et « d'une rare violence ». Son commentaire intervient dans un contexte de durcissement du mouvement de blocage des lycées. La tentative d'interpellation et les circonstances du passage à tabac demeurent au cœur des débats, les images circulant largement sur les réseaux sociaux alimentant des interprétations divergentes des événements.
Source: Google News FR — Crime (fr)