Belfort : trois lycéens mis en examen après l'agression du policier, deux reconnaissent les coups

Trois mineurs ont été mis en examen jeudi pour violences contre un commandant de police à Belfort. Deux reconnaissent les coups; le troisième conteste d'avoir visé le policier au gaz lacrymogène.

Belfort : trois lycéens mis en examen après l'agression du policier, deux reconnaissent les coups

Trois jeunes poursuivis pour agression d'un policier

Selon Actu17, trois lycéens de 16 et 17 ans interpellés après le lynchage d'un commandant de police à Belfort ont été mis en examen jeudi 8 octobre et placés sous contrôle judiciaire. Deux d'entre eux ont reconnu avoir frappé l'officier lors de la mobilisation lycéenne. Le troisième conteste avoir intentionnellement visé le policier avec une bombe lacrymogène. Cinq adolescents sont désormais poursuivis au total dans ce dossier.

Le procureur de la République, Paul-Édouard Lallois, a annoncé la mise en examen pour « violences commises lors d'une manifestation sur la voie publique sur un fonctionnaire de la police nationale, ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours, aggravées par les circonstances que les faits ont été commis en réunion et par des personnes dissimulant volontairement en tout ou partie leur visage ». Ce délit est passible de dix ans d'emprisonnement. Tous trois sont scolarisés à Belfort et n'ont pas d'antécédent judiciaire.

L'un des adolescents de 17 ans a été identifié comme auteur du coup porté dans le dos du commandant, qui l'a fait chuter. Il a ensuite assené trois coups de poing à la tête de l'officier au sol. En garde à vue, il a reconnu les faits tout en affirmant ignorer qu'il s'agissait d'un policier.

Le mineur de 16 ans a admis avoir donné un coup de pied à la tête du policier au sol. Il a expliqué aux enquêteurs avoir compris qu'il avait affaire à un policier quand celui-ci a sorti son arme lacrymogène, soit avant la survenue du premier coup porté à la victime, comme l'a souligné le procureur.

Le second adolescent de 17 ans est soupçonné de s'être emparé d'une bombe lacrymogène au sol et d'en avoir fait usage contre le commandant à l'issue des violences. Les vidéos montrent que le jet était dirigé vers le policier, alors inconscient. Le mis en cause conteste l'avoir intentionnellement visé et assure avoir appuyé « sans direction précise ». Il reconnaît avoir dû « toucher » le fonctionnaire selon les enquêteurs, mais affirme : « Mon intention n'était pas de le faire ». Il a toutefois admis se douter, avant les violences, que l'homme était un policier, car « il était en train d'embarquer quelqu'un ».

Conformément aux réquisitions du parquet, les trois lycéens ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils sont soumis à un couvre-feu de 21h30 à 7 heures et ont interdiction de se rendre aux abords d'un autre établissement scolaire que le leur. Il leur est également interdit de participer à toute manifestation, de porter une arme et d'entrer en contact les uns avec les autres. Tout manquement expose à un placement en détention provisoire.

Ces trois mises en examen s'ajoutent à celles de deux autres lycéens, âgés de 17 et 15 ans, poursuivis depuis dimanche. Le plus âgé des deux premiers, celui que le commandant venait d'interpeller, a été placé en détention provisoire. Le plus jeune a été placé sous contrôle judiciaire. L'avocat du lycéen incarcéré, Me Arié Alimi, a formé un appel examiné le 14 octobre par la chambre de l'instruction de Besançon. Le lycéen incarcéré a par ailleurs porté plainte pour « tentative de meurtre » contre le policier, l'accusant d'avoir voulu le noyer. Le parquet de Vesoul a confié l'enquête à l'IGPN. Les investigations se poursuivent.

Source: Actu17

Read this article in English