Bordeaux : les riverains du cours Victor-Hugo face au trafic de drogue
Depuis des années, les habitants et commerçants du cours Victor-Hugo à Bordeaux subissent les nuisances liées au trafic de drogue. Un collectif réclame la création d'un poste de police permanent pour enrayer la situation.

Intrusions et dérive sécuritaire dans le quartier Saint-Michel
Le cours Victor-Hugo, artère majeure du quartier Saint-Michel à Bordeaux, concentre depuis des années les effets du trafic de drogue. Selon actu.fr, les riverains et commerçants subissent intrusions, harcèlement et occupation quotidienne du territoire par des dealers. Un collectif d'habitants, dénommé Hugo délire, fondé en juin 2026, a décidé de mobiliser les riverains pour obtenir des mesures coercitives auprès de la mairie et de la préfecture de Gironde.
« Avant, c'était une insécurité aléatoire. Désormais, c'est une insécurité permanente », détaille une représentante du collectif. L'aggravation se manifeste par des intrusions dans les locaux résidentiels ou commerciaux, destinées au stockage de drogue ou d'argent, mais aussi par la consommation visible de produits stupéfiants. Une résidente a ainsi surpris deux individus consommant de la cocaïne dans son local à vélo.
Impact sur le quotidien et sentiment d'insécurité
Les conditions de vie se dégradent. « Il y a un climat de terreur qui s'installe parfois. Des femmes sont confrontées à un harcèlement de rue, les enfants voient des personnes se droguer et les personnes vulnérables ne sont pas en sécurité », énumère la porte-parole du collectif. Le patron du bar Adiu a lui-même installé des pots de fleurs en avril dernier pour tenter de dissuader les dealers d'occuper l'espace.
Présence policière insuffisante
La police municipale et nationale patrouillent régulièrement dans le cours, avec un renforcement depuis plusieurs mois. Cependant, le collectif considère cette action comme ponctuelle et inefficace. « Il y a une présence renforcée depuis quelque temps. Grâce à eux, on a la paix pendant 5 ou 10 minutes. Ils passent 10 fois dans la journée donc ça fait 100 minutes de calme », ironise une représentante. La mairie reconnaît que les agents de la police municipale « sont très mobilisés et multiplient les passages et les contrôles », mais admet aussi que cette approche ne résout pas le problème de fond.
Revendications du collectif et réponses municipales
Pour enrayer la situation, Hugo délire réclame la création d'un poste de police permanent dans la rue. L'idée, inspirée par des discussions lors de la précédente mandature de Pierre Hurmic, pourrait selon le collectif être implantée dans les locaux de La Poste, suffisamment spacieux pour accueillir une antenne de police. « Avec une présence en continu, les dealers déserteront les lieux », affirme le collectif.
Une rencontre s'est déroulée lundi 12 octobre entre le collectif, la préfecture et la mairie. La municipalité de Thomas Cazenave a déclaré qu'« après une rencontre constructive cette semaine, de nouvelles mesures sont envisagées pour contribuer à redonner toute sa sérénité au quartier ». Ces mesures complèteraient les actions déjà entreprises en matière d'aménagements urbains et de vidéoprotection.
Cependant, la création du poste de police semble compromise. Le collectif reconnaît que « la municipalité veut établir un dialogue, elle est à l'écoute », mais note l'obstacle : un commissariat mixte existe déjà aux Capucins. La mairie affirme rester « très attentive à la situation du cours Victor Hugo, souvent difficile à vivre pour les riverains ».
Source: Google News FR — Crime (fr)