Cédric Jubillar confronté à la reconstitution du crime après ses aveux
Cédric Jubillar a été extrait de prison vendredi pour une reconstitution du meurtre de son épouse Delphine, qu'il a avoué en juillet après cinq ans de déni. Une trentaine d'enquêteurs, magistrats et avocats sont mobilisés pour retracer les événements de la nuit du 15 au 16 décembre 2020.
Reconstitution du meurtre de Delphine Aussaguel
Cédric Jubillar a quitté sa cellule de la prison de Seysses vendredi matin, transporté par fourgon pénitentiaire vers le domicile du couple à Cagnac-les-Mines, dans le Tarn. Selon sudouest.fr, cette « mise en situation » en deux temps vise à clarifier comment le peintre plaquiste de 39 ans a tué son épouse infirmière et caché son cadavre pendant cinq ans.
La reconstitution s'est déroulée d'abord au domicile du couple, puis au champ de Mailhoc où les restes de Delphine Aussaguel ont été exhumés le 16 juillet. Magistrats, gendarmes, enquêteurs et avocats de la partie civile ont observé les gestes de l'accusé sur les lieux du crime. Une centaine cinquante gendarmes ont assuré la sécurité des deux villages impliqués.
Jubillar a avoué le 15 juillet avoir étranglé Delphine suite à une dispute dans leur maison pendant que les enfants dormaient. Il a ensuite révélé l'emplacement du corps — à la lisière d'un champ à Mailhoc, à une dizaine de kilomètres de là. L'analyse ADN des ossements retrouvés a confirmé leur identité le 16 juillet.
Mais les avocats de la partie civile contestent le scénario présenté par l'accusé. Laurent Boguet, avocat des enfants du couple, souligne que le premier procès avait établi que Jubillar avait envisagé ce meurtre plusieurs semaines auparavant et en avait parlé à des proches, parfois sur un ton qui semblait plaisanter — affirmant qu'il tuerait sa femme, l'enterrerait et que personne ne la retrouverait.
« La présentation qui consiste à dire : "J'ai perdu le contrôle sur provocation de Delphine", j'ai du mal à y croire », a déclaré Me Boguet avant de rejoindre ses confrères pour la reconstitution.
La question de la préméditation demeure donc centrale : Jubillar a-t-il envisagé le crime longtemps avant de passer à l'acte ? Les détails fournis lors de cette reconstitution pourraient orienter la cour d'assises, qui doit se réunir du 30 avril au 14 mai à Toulouse pour examiner l'appel du condamné.
En première instance, Cédric Jubillar a été condamné à 30 ans de réclusion criminelle en octobre 2025. Delphine Aussaguel, 33 ans, était infirmière à la clinique d'Albi. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, en pleine période de confinement.
Des fouilles supplémentaires ont été menées mercredi et jeudi dans un champ de Mailhoc qui n'avait pas encore été investigué, selon une source proche de l'enquête, mais aucun élément nouveau n'a été découvert. La famille de la victime regrette que la reconstitution se soit déroulée de jour, arguant que les événements nocturnes de cette nuit-là auraient dû être reconstitués en conditions similaires.
Source: TF1 Info