Disparition de Manon Relandeau : la grand-mère bataille pour retrouver sa petite-fille en Algérie
Manon Relandeau, agricultrice de Loire-Atlantique, a disparu le 28 mars. La justice soupçonne son compagnon de l'avoir tuée avant de kidnapper leur fille et de s'enfuir en Algérie. La grand-mère de l'enfant se bat pour en obtenir la garde et élucider les circonstances de la disparition de sa fille.

Manon Relandeau : six mois de mystère et d'espoir
Nathalie Rousseau reçoit régulièrement des vidéos de sa petite-fille Inaya, qui vit à 1.200 kilomètres de chez elle, en Algérie. « Les premières vidéos que j'ai reçues d'Algérie, elle avait 16 mois. Elle est toujours bien habillée, elle est toujours bien coiffée. C'est bon aussi de voir qu'elle est heureuse quand même. Ça me fait du bien et ça me fait mal en même temps », rapporte la grand-mère dans le reportage de Sept à Huit, selon TF1 Info. « Parce que Manon, elle n'a pas la chance de voir sa fille grandir. »
Manon Relandeau, fille de Nathalie, a disparu mystérieusement le 28 mars dernier, il y a six mois. Agricultrice de 31 ans près de Nantes, elle exploitait une pension de chevaux et un élevage de 50 vaches nantaises. La justice soupçonne son compagnon, Karim B., un mécanicien agricole de nationalité algérienne rencontré trois ans plus tôt sur Internet, de l'avoir tuée avant de kidnapper leur fille et de s'enfuir en Algérie.
« Malheureusement, pour moi, Manon n'est plus de ce monde. Moi, je ressens ça. Elle est dans mon cœur. Mais c'est Inaya qui me donne la force. Ça sera peut-être un combat pour qu'elle revienne. Mais je vais me raccrocher à Inaya », explique la grand-mère. « Je l'aimerai comme ma fille. C'est une partie de Manon. »
Une relation qui s'est dégradée
Au début, la relation entre Karim et Manon semblait idyllique. Mais après la naissance de leur bébé en décembre 2024, les tensions se sont accentuées. Manon s'était confiée à sa mère six mois avant sa disparition. « Elle me disait : Karim, il est comme bipolaire. D'un seul coup, ça va, puis d'un seul coup, il monte en colère. Et puis alors, il m'enfonce, il m'insulte », se souvient Nathalie Rousseau.
La jeune mère l'inquiétait davantage. « Elle m'avait dit que dès qu'elle parlait à un homme, ça y est, elle le draguait. Elle ne comprenait pas ses colères, surtout quand, depuis la naissance d'Inaya, il lui disait que c'était une mauvaise mère, qu'elle s'occupait mal de sa petite fille, que son bébé, c'était plutôt la ferme. Elle travaillait trop », ajoute la mère.
En début d'année, Manon décide de quitter Karim. Elle contacte un centre spécialisé dans les violences faites aux femmes à Nantes pour un rendez-vous prévu en début avril. Fin mars, lors d'un dernier appel téléphonique, Manon confie à sa mère son angoisse. « Elle me dit : maman, j'ai vraiment peur. Il me prend mon téléphone, il me prend ma carte bancaire. Et je lui dis : mais écoute, on va aller à la police, à la gendarmerie. Elle me dit : non, maman, tu sais, ça sera pire si tu viens. Ça sera pire. Laissez, je vais y arriver. Mais ne m'appelez pas. »
La disparition
Les deux jours suivants cet appel, Manon travaille à la ferme comme d'habitude. À partir du samedi 28 mars, plus personne ne la voit sur place. Après une semaine sans nouvelles, ses proches donnent l'alerte. Les gendarmes qui se rendent au domicile du couple ne trouvent que le téléphone de Manon, sans aucun autre indice, aucune trace de lutte ou de sang.
Les enquêteurs découvrent rapidement que Karim B. a embarqué le jour précédent sur un vol Nantes-Alger avec Inaya, comme le montrent les images de vidéosurveillance. Ils le soupçonnent d'avoir tué Manon et d'avoir manipulé son entourage pour gagner du temps avant de fuir en Algérie.
Des messages suspects
Les enquêteurs recueillent le témoignage de Cécile, une amie de Manon qui l'aide régulièrement à la ferme et s'occupe toujours des animaux. Pendant une semaine après la disparition, Cécile a reçu d'étranges messages de la part de Manon sur Facebook. Son amie prétendait être absente en raison d'une formation. « 29 mars à 20h44. Salut, tu es dispo demain pour aider Karim, s'il te plaît. Tu donnes juste aux chevaux à manger, tu trouves le 4x4 devant le mobilhome », lit Cécile en montrant les messages.
« C'est bien envoyé du compte de Manon. Mais c'est quand même plus de fautes d'orthographe que ce que Manon peut faire. Elle n'écrit pas "voir le foin et l'eau", mais "L, A, U". Ni "désolé, j'avais pas de batterie", mais "B, A, T, R, I, E" », souligne la jeune femme. Les gendarmes soupçonnent l'homme de s'être fait passer pour Manon auprès de tout son entourage pendant une semaine.
Un passé violent
Les enquêteurs découvrent que Karim B. possède des antécédents judiciaires graves. Condamné en 2018 pour avoir blessé sa petite amie de l'époque, il a également été accusé de violence par la mère de sa première fille, avec qui il était marié. Celle-ci accepte de témoigner par téléphone. « Un jour, il m'a frappée avec ma fille dans les bras et m'a craché au visage aussi. Et donc j'ai appelé la police et j'ai fui mon domicile. Après, ça a été le combat pour la garde de ma fille. Il m'a pourri la vie pendant 10 ans », confie-t-elle.
En 2018, cette femme obtient la garde exclusive et une interdiction de sortie du territoire pour sa fille, car Karim B. aurait menacé à plusieurs reprises de la kidnapper. « Au moment de notre séparation, il avait dit clairement qu'il voulait la prendre. Donc je n'ai jamais vécu très sereinement », précise-t-elle.
Enquête internationale
Le 10 avril, le parquet de Nantes ouvre une enquête pour meurtre et enlèvement de mineurs et émet un mandat d'arrêt international contre Karim B. Depuis l'Algérie, celui-ci contacte les proches de Manon, niant lui avoir fait du mal et expliquant que son voyage était prévu de longue date. Il affirme même son innocence sur les réseaux sociaux.
Nathalie Rousseau reste déterminée à retrouver sa petite-fille et à établir la vérité sur la disparition de sa fille, transformant son combat personnel en bataille pour la justice.
Source: TF1 Info