Drogues de synthèse : l'OFDT alerte sur une pollution chimique massive en Europe
La production clandestine d'amphétamines et de MDMA génère jusqu'à 30 fois son volume en déchets toxiques. L'OFDT appelle à intégrer l'enjeu environnemental dans la lutte antidrogue.
Déchets chimiques du narcotrafic : un impact écologique encore sous-estimé
La fabrication illicite de drogues de synthèse produit des quantités massives de déchets chimiques aux conséquences environnementales et sanitaires encore largement méconnues, selon une note publiée lundi par l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), relayée par sudouest.fr.
« La production clandestine de drogues de synthèse génère cinq à trente fois leur volume en déchets chimiques, qui, rejetés anarchiquement, polluent les eaux, sols et atmosphères, et altèrent la biodiversité, même à de très faibles concentrations », indique l'OFDT, dont les conclusions s'appuient sur des relevés effectués à travers le monde.
Amphétamines, méthamphétamine, MDMA, kétamine et autres substances de synthèse sont concernées. L'ensemble des étapes du trafic échappe, par nature, à toute norme environnementale ou de sécurité.
Des stations d'épuration dépassées
L'impact sur l'environnement est qualifié de « potentiellement massif » par l'Observatoire. Les stations d'épuration n'éliminent pas, ou seulement à la marge, les résidus complexes issus de ces substances, provoquant des « dommages écotoxicologiques graves » allant du trouble comportemental à l'altération génétique.
L'OFDT identifie trois facteurs aggravants liés à l'explosion de la production en Europe, notamment en Belgique et aux Pays-Bas : des cycles de vie longs permettant à ces substances de persister dans les sols et les réseaux d'égouts ; une contamination des surfaces qui résiste à la décontamination ; et une toxicité accrue par des combinaisons chimiques non contrôlées, désignée sous le terme d'« effet cocktail ».
Une exposition involontaire possible pour la population
L'Observatoire souligne qu'en l'état, « des personnes peuvent, à leur insu, ingérer, respirer ou absorber par contact des résidus de drogues de synthèse, via l'eau, les aliments ou les lieux contaminés par le trafic ou la consommation ».
L'OFDT reconnaît toutefois que « les études manquent pour cerner les dynamiques de contamination ». L'institution appelle à rendre visibles ces enjeux environnementaux dans un débat public encore dominé par les dimensions sécuritaires, et à intégrer la justice environnementale dans les politiques de lutte contre les drogues.
Source: Google News MA — Crime (fr)