Explosion rue de Trévise : le procès s'ouvre avec les témoignages des rescapés
Le procès de l'explosion rue de Trévise du 12 janvier 2019, qui a tué quatre personnes et en a blessé 66, s'ouvre mardi 20 octobre à Paris. La ville de Paris et le syndic de copropriété sont poursuivis pour homicides involontaires.

Procès de l'explosion rue de Trévise : les victimes témoignent
Selon TF1 Info, Amor Ben Taziri, grièvement blessé lors de l'explosion rue de Trévise le 12 janvier 2019, revient sur les lieux et revit les images qui le hantent depuis. Alors qu'il travaillait comme réceptionniste à l'hôtel situé face aux lieux du drame, il s'est vu projeter par le souffle de la déflagration, perdant un œil et l'usage de son bras. "Ce jour-là, ma vie a changé, j'ai failli mourir parce que j'ai vu la mort", confie-t-il. Le drame a fait quatre morts et 66 blessés, laissant un quartier profondément marqué.
Les séquelles du rescapé dépassent les plaies physiques. "La nuit, je ne dors pas parce que je revois, je n'ai que ça qui vient à ma tête", raconte Ben Taziri. Il avait un enfant de six mois au moment de l'explosion et n'a jamais pu le porter en raison de ses blessures à l'épaule, ni jouer avec lui. À la veille du procès qui s'ouvre mardi 20 octobre, TF1 Info a recueilli les témoignages de victimes et de leurs proches.
Aucune personne physique ne comparaît face aux juges : seule la mairie de Paris et le syndicat de copropriété se trouvent au banc des accusés, poursuivis pour homicides involontaires. Ils sont soupçonnés d'avoir négligé l'affaissement d'un trottoir qui a finalement percé la canalisation de gaz et provoqué l'explosion. "Je ne sais pas qui est responsable, chacun dit : 'ce n'est pas moi'. La mairie dit que c'est le gaz, le gaz dit que c'est le syndic", déclare Ben Taziri, avant d'ajouter : "Même si on passe au tribunal, qu'est-ce que ça va changer pour moi ? Rien du tout. Mais au moins la reconnaissance".
Simon Cartannaz, 28 ans, pompier arrivé parmi les premiers sur place, a été tué dans l'explosion. Sa compagne Anaïs et sa sœur Justine témoignent pour la première fois à la veille du procès. "Mon monde s'est écroulé, tout est parti, j'avais plus rien", raconte Anaïs. Justine se souvient que son frère répétait sa devise : "sauver ou périr". Elle ajoute : "Il nous matraquait mais on ne s'en rendait pas compte en fait, il nous préparait juste au pire si ça devait arriver."
Bloquées dans leur deuil sans réponse, les deux femmes assisteront aux sept semaines de procès à Paris. "Ça va être le plus dur parce que les coupables, on ne les aura pas en face de nous", explique Justine. "J'ai beaucoup de colère, énormément, parce que cet accident aurait pu être évité et Simon serait encore en vie. J'aimerais qu'il y ait des responsables", conclut Anaïs. Les avocats de la défense n'ont pas réagi à TF1. La mairie de Paris a débloqué 20 millions d'euros pour indemniser les victimes.
Source: TF1 Info