Fraude à l'assurance-vie : les arnaqueurs redoublent d'efforts en 2025
Les assureurs ont détecté 24,8 millions d'euros de fraude en 2025, selon l'ALFA. Usurpation d'identité et faux RIB dominent les techniques criminelles.

Hausse spectaculaire des fraudes détectées
Selon jechange.fr et les données de l'Agence de lutte contre la fraude à l'assurance (ALFA), les assureurs ont détecté 24,8 millions d'euros de fraude à l'assurance-vie en 2025. Le montant a presque doublé en un an, plaçant cette branche parmi les secteurs d'assurance les plus touchés par la fraude.
Le rapport de l'ALFA, publié le 9 juillet 2026, enregistre 946,3 millions d'euros de fraude identifiée toutes branches confondues, en hausse de 4,9 % par rapport à l'année précédente. Bien que l'assurance-vie reste la plus petite des grandes branches en termes de sinistralité, elle progresse le plus rapidement. L'agence estime par ailleurs que la fraude réelle, détectée ou non, atteindrait 2,5 milliards d'euros par an.
Trois techniques dominent : usurpation, faux RIB, faux documents
Quatre-vingt-dix-huit pour cent des fraudes identifiées concernent des contrats d'épargne. Trois procédés représentent l'essentiel des attaques : l'usurpation d'identité, le faux relevé d'identité bancaire (RIB) et la fraude documentaire. Tous visent le même objectif : détourner l'argent du contrat au profit d'un tiers.
L'usurpation d'identité consiste à se faire passer pour le titulaire du contrat afin de demander un rachat. Le faux RIB redirige les fonds vers un compte bancaire contrôlé par le fraudeur. La fraude documentaire repose sur la présentation de documents falsifiés à l'assureur.
Ces trois techniques n'exigent aucune complicité du titulaire légitime. Elles exploitent des informations personnelles obtenues par ailleurs — via des fuites de données, des achats sur le marché noir ou des demandes d'information prétendument officielles — puis les présentent à l'assureur comme si elles provenaient de l'épargnant lui-même.
Pourquoi l'épargne est vulnérable
Un contrat d'assurance-vie en phase d'épargne contient un capital disponible que son titulaire peut récupérer par rachat. Contrairement aux phases de sinistre, le fraudeur n'a pas besoin de simuler un événement : il lui suffit de détourner l'argent au moment où il sort du contrat. Les sommes placées sur un fonds en euros ou en unités de compte sont exposées de manière identique.
Cette concentration explique pourquoi l'assurance-vie est devenue une cible privilégiée. D'autres branches ont leurs propres procédés : photos de dégâts retouchées par intelligence artificielle en assurance habitation, accidents simulés en assurance auto.
Le rôle des faux conseillers
Le premier contact passe souvent par un faux interlocuteur. Un appel ou un message prétendument émis par la banque ou l'assureur sert à collecter les pièces justificatives qui rendront l'usurpation crédible. Cette tactique, connue sous le nom d'arnaque au faux conseiller, prépare le terrain pour les étapes suivantes.
Peines sévères pour les auteurs
L'escroquerie est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 375 000 euros d'amende. La tentative est punie des mêmes peines, même si l'assureur bloque le versement. Le faux document et son usage relèvent en outre du faux, puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros.
Les vérifications, premier rempart
Un épargnant qui demande un rachat s'étonne parfois des justificatifs réclamés, notamment après un changement de banque. Ces demandes ne témoignent pas d'une défiance envers le client : elles constituent le principal filtre contre l'usurpation. Chaque vérification cible précisément l'un des trois procédés.
Le changement de coordonnées bancaires reste le moment le plus sensible. Si vous changez de banque, signalez vous-même le nouveau compte à votre assureur et conservez une trace écrite de la démarche. Une demande de mise à jour non sollicitée doit être vérifiée par un canal officiel.
Habitudes de vigilance
La protection repose moins sur la technique que sur quelques habitudes. Un titulaire qui consulte régulièrement son contrat repère un mouvement anormal avant qu'il ne soit trop tard. Une alerte sur une opération non demandée exige une réaction le jour même : contactez l'assureur au numéro inscrit sur vos documents contractuels, jamais sur celui indiqué dans un appel ou un message reçu.
L'ACPR a enregistré 1 190 inscriptions à sa liste noire d'établissements frauduleux en 2025, dont 62 % usurpaient l'identité d'un établissement autorisé. Ce chiffre regroupe les fraudes aux crédits, livrets, paiements et assurance. Reconnaître un intermédiaire en règle demeure une étape préalable à tout engagement auprès d'un courtier en assurance-vie.
Source: Google News FR — Crime (fr)