Groupe d'ultradroite déclenche des heurts à Montpellier lors de la manifestation du 24 octobre

Une quinzaine de militants d'ultradroite ont provoqué des affrontements place de la Comédie à Montpellier. Le maire et le ministre de l'Intérieur ont condamné leurs agissements.

Groupe d'ultradroite déclenche des heurts à Montpellier lors de la manifestation du 24 octobre

Milice d'ultradroite au cœur des violences du 24 octobre à Montpellier

Une quinzaine d'hommes se réclamant de l'ultradroite ont semé le trouble lors de la manifestation du samedi 24 octobre à Montpellier, selon midilibre.fr. Leur présence place de la Comédie a déclenché une série d'affrontements sporadiques qui se sont prolongés jusqu'en milieu de soirée.

Le groupe, constitué d'une dizaine d'hommes bodybuildés arborant un signe distinctif blanc, s'était d'abord stationné devant la vitrine occultée du magasin Footlocker. Repérés par des manifestants, les individus ont été pris en chasse et contraints de se replier vers un cordon de CRS situé au bas de la rue de la Loge. Des coups ont été échangés, des bouteilles de verre lancées, avant qu'une salve de grenades lacrymogènes ne disperse les deux groupes.

Présence annoncée dès la veille

La veille de la manifestation, plusieurs réseaux sociaux cryptés proches des manifestants avaient mis en garde contre l'arrivée probable de groupes d'ultradroite souhaitant aller au contact ou participer à une forme de "maintien de l'ordre", à la suite des pillages du samedi précédent. Dès le début d'après-midi du 24 octobre, une quinzaine d'hommes s'étaient effectivement regroupés sur la terrasse d'un café, puis au niveau d'une station de tram, pour observer la situation — une présence difficile à ignorer.

Après l'épisode de la rue de la Loge, les mêmes individus ont été aperçus à l'angle de la place de la Comédie et de la rue de Verdun, où des invectives et des échanges de coups avec certains manifestants ont eu lieu. Une scène similaire s'est reproduite au niveau de l'opéra-Comédie, le groupe étant cette fois pourchassé par des militants d'ultragauche, téléphones à la main. Vers 20 h 30, la quinzaine de militants était encore visible place Saint-Denis et rue de la Saunerie.

Condamnations du maire et du ministre

Dès le dimanche matin, le maire de Montpellier Michaël Delafosse a condamné ces agissements sur X. "Une milice d'extrême droite a fait usage de la violence contre des manifestants hier dans les rues de Montpellier. En République, personne ne peut faire usage de la violence contre autrui. Je condamne ses agissements avec force et demande que la justice enquête et interpelle les auteurs. Il ne peut y avoir la moindre impunité", a-t-il écrit.

Delafosse a ajouté : "Les milices n'ont pas de place en République. J'ai reçu des images, des vidéos montrant des gens qui ont voulu se faire justice eux-mêmes. C'est très grave. Je n'ai jamais vu ça." Il a également annoncé sa décision de saisir le procureur de la République via un article 40, comme il l'avait déjà fait en 2025 lors de violences aux Beaux-Arts, afin qu'une enquête soit ouverte.

Sur la question d'une éventuelle complicité au sein des forces de l'ordre, l'édile s'est montré ferme : "Je n'ose y croire. Mais s'il y a des complicités de la part de policiers, des sanctions doivent être prises. Ils ont un devoir d'exemplarité. La plupart fait bien son travail, mais quand il y a des manquements, c'est simple, il y a ce que l'on appelle la révocation."

En fin d'après-midi le dimanche, la préfète Chantal Mauchet a indiqué avoir également saisi le procureur "aux fins de solliciter son examen des suites judiciaires éventuelles sur la notion de groupes constitués en vue de commettre des violences ou dirigées contre certains de ces individus, en cas de violences caractérisées aux personnes".

Le ministre de l'Intérieur confirme l'implication de l'ultradroite

Dès le samedi soir à 20 h, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait confirmé l'implication de militants d'ultradroite dans les incidents. "On a observé, dans au moins deux villes, Nice et Montpellier, des militants d'ultradroite qui cherchaient à s'affronter à des militants de l'ultragauche ou en tout cas à protéger d'eux-mêmes des commerces. C'est une première dans une manifestation", a-t-il déclaré.

Un organisateur revendique la protection des commerces

L'un des protagonistes, connu sur Instagram sous le pseudonyme Alpharise et prénommé Charlie, avait créé une plateforme destinée à mobiliser des volontaires lors de manifestations afin de "protéger les commerces des pilleurs". Ce Montpelliérain était présent dans le centre-ville le 24 octobre avec son groupe, tous munis d'un brassard blanc.

Alors que la tension restait palpable entre manifestants et son groupe, positionné en retrait de la place de la Comédie et aux côtés des CRS, il a expliqué : "Cette manifestation, c'est une première pour moi. Cela nous a permis de nous présenter aux commerçants, de les rassurer, de leur montrer qu'ils ne sont pas tout seuls."

Depuis samedi, de nombreuses vidéos et photos confirmant les altercations et la présence avérée du groupe ont été diffusées en ligne. Plusieurs interrogations demeurent quant à la marge de manœuvre qui a été accordée à ces individus pour agir au milieu des forces de l'ordre.

Source: Google News LU FR

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