Intoxications à l'E. coli à Saint-Quentin : six bouchers mis en examen pour homicide involontaire
Six bouchers de Saint-Quentin ont été mis en examen le 25 septembre 2026 après la mort d'une fillette de 11 ans et une trentaine d'intoxications à la bactérie E. coli en 2025.

Six bouchers mis en examen après la mort d'Elise, 11 ans, à Saint-Quentin
Six bouchers ont été mis en examen le 25 septembre 2026 dans le cadre de l'enquête sur la série d'intoxications alimentaires à la bactérie Escherichia coli survenues à Saint-Quentin (Aisne) en juin 2025, rapporte france3-regions.franceinfo.fr. Parmi les chefs retenus figurent l'homicide involontaire, la mise en danger de la vie d'autrui, l'abattage illicite d'animaux en dehors d'un abattoir, le recel et la tromperie entraînant un danger pour la santé humaine ou animale.
Le parquet de Paris, dont le pôle santé publique mène l'enquête depuis août 2025, a précisé que dix bouchers avaient été placés en garde à vue avant que six d'entre eux, gérants ou salariés, soient mis en examen. Tous ont été placés sous contrôle judiciaire, avec notamment l'interdiction de prendre contact avec les autres mis en examen et d'exercer une activité de boucher impliquant la manipulation de viande nue.
Une trentaine de victimes, dont une fillette décédée
En juin 2025, une trentaine de personnes — majoritairement des enfants âgés de 11 mois à 12 ans — avaient été hospitalisées à Saint-Quentin, Amiens, Lille et Reims pour des infections à la bactérie E. coli. Parmi elles, Elise Gabert, une Axonaise de 11 ans, était décédée après avoir consommé de la viande contaminée. Les premières conclusions de l'enquête avaient établi « un lien épidémiologique étroit » entre les premiers cas et six boucheries fermées préventivement à Saint-Quentin.
Ses parents, Audrey et Morgan Gabert, ont réagi à la mise en examen en qualifiant l'annonce d'« étape importante ». « On souffre depuis le 16 juin 2025 et on ne peut que se réjouir aujourd'hui que les personnes, qui sont présumées coupables de la disparition de notre fille, puissent être à leur tour engagées dans la procédure », ont-ils déclaré.
Un trafic de viande organisé, selon l'avocate des victimes
Au-delà de la vente de viandes contaminées, l'avocate des parents d'Elise, Angélique Opovin, évoque une affaire aux contours plus larges : « On ne parle pas juste d'une vente de viandes contaminées mais d'un trafic de viande organisé dans la région à cette période-là. » Elle souligne la nécessité d'identifier chaque maillon de la chaîne, et pas uniquement le vendeur final.
Par ailleurs, le tribunal administratif d'Amiens a demandé à la préfecture de l'Aisne de réexaminer sa décision de suspendre l'activité de l'étal de boucherie du supermarché TMS Destock - TMS Market. La préfecture dispose de quinze jours pour y procéder.
Les familles attendent un procès
Plus d'un an après les faits, plusieurs familles de victimes réclament toujours des réponses sur les responsabilités de chacun. Audrey Gabert reconnaît que le chemin reste long : « On sait que cette route vers la vérité et la justice, pour notre enfant, sera longue. »
Source: TF1 Info