Lycéen mise en cause à Belfort : son avocat dénonce une tentative de meurtre par le policier
L'avocat d'un adolescent de 17 ans, accusé d'avoir frappé un policier à Belfort, dénonce que le fonctionnaire a maintenu la tête de son client sous l'eau lors de son interpellation. Il annonce une plainte pour tentative de meurtre.

Plainte pour tentative de meurtre après un interpellation tendue à Belfort
Arié Alimi, avocat du jeune homme de 17 ans mis en cause dans les incidents de Belfort du 2 octobre, a annoncé déposer plainte pour tentative de meurtre contre le policier qui l'interpellait. Selon rtl.fr, l'adolescent s'est retrouvé avec la tête dans l'eau lors de son arrestation, événement qu'il conteste dans ses explications.
Le procureur de la République de Belfort a indiqué que l'adolescent avait affirmé en garde à vue qu'il ne pensait pas que le policier tentait de le noyer, mais qu'il « avait eu cette impression au départ » parce qu'il était « surpris ». L'avocat réfute cette version. Il affirme que le policier lui-même a reconnu avoir « plaqué la tête » de son client sous l'eau, rapporte rtl.fr.
Divergences de versions et accusations d'impartialité
L'avocat dénonce également un manque de neutralité du procureur Paul-Édouard Lallois. Il souligne que le procureur est à la fois superviseur du fonctionnaire de police et directeur de l'enquête, ce qui crée selon lui un conflit d'intérêts. Le magistrat aurait, lors d'une conférence de presse dimanche 4 octobre, sélectionné « certains passages de manière partiale » des déclarations du jeune homme.
Le procureur avait avancé que la profondeur du point d'eau n'était que de 19 centimètres et que le policier avait rapidement sorti l'adolescent de l'eau. L'avocat conteste cette affirmation, assurant que son client « a bien eu sa tête maintenue sous l'eau par le fonctionnaire de police pendant un certain temps ».
Élargissement des accusations et demande de délocalisation
La plainte vise également Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur. L'avocat l'accuse d'avoir donné des instructions particulières aux policiers dans le cadre des manifestations lycéennes, créant selon lui un contexte favorable aux actes de « sauvagerie ». « Nous pensons fortement que ce type d'acte n'aurait pu avoir lieu s'il n'y avait pas eu des instructions particulières données par le supérieur de ce fonctionnaire de police », déclare Alimi à rtl.fr.
L'avocat demande la délocalisation de la procédure afin d'« apaiser la situation judiciaire » et conteste les accusations formulées contre son client. Le parquet a requis le placement en détention judiciaire de l'adolescent, qui a reconnu en garde à vue avoir porté des coups violents au policier lors des débordements qui ont accompagné les manifestations lycéennes.
Disproportionnalité des poursuites dénoncée
Alimi soulève l'absence d'antécédents judiciaires de son client et son statut de mineur. Il qualifie les poursuites de « manifestement disproportionnées », arguant que l'adolescent « n'a jamais commis la moindre infraction de sa vie » avant cet incident. « C'est absolument disproportionné que de réclamer sa détention provisoire », conclut-il, en rappelant que selon lui son client aurait d'abord été victime d'une tentative de meurtre.
L'avocat pointe également les difficultés linguistiques de l'adolescent, d'origine bulgare, qui « parle très mal et comprend mal le français ». Ces obstacles de communication ont pu, selon lui, affecter la qualité des déclarations que le procureur a utilisées pour justifier sa position.
Source: Google News FR — Crime (fr)