Marche blanche sous tension à Margny-lès-Compiègne pour Paul Tancre, mort après une course-poursuite
Plus de 300 personnes ont rendu hommage à Paul Tancre, décédé le 21 août après un refus d'obtempérer. Trois interpellations ont eu lieu lors des affrontements avec les forces de l'ordre.

Heurts lors de l'hommage à «Lapin», mort après un refus d'obtempérer dans l'Oise
Selon lefigaro.fr, plus de 300 personnes ont défilé ce dimanche à Margny-lès-Compiègne (Oise) en mémoire de Paul Tancre, dit «Lapin», mort le 21 août lors d'une course-poursuite avec la police municipale. Trois personnes ont été interpellées pour «violences sur agent de la force publique», a précisé la préfecture de l'Oise.
Les faits remontent à la soirée du 21 août. Paul Tancre, père de famille de 46 ans, a refusé d'obtempérer à un contrôle d'une patrouille de la police municipale, démarrant en trombe avant de perdre le contrôle de son véhicule et d'y trouver la mort. Selon Le Parisien, il conduisait sans permis et sous l'emprise de l'alcool.
Tensions dès la prise de parole
En début d'après-midi, l'hommage a connu des débuts houleux. Les proches du défunt ont affirmé lors d'une prise de parole que Paul Tancre aurait «été tué» par la police municipale, qualifiée de «cow-boys». Selon eux, il serait décédé après un choc entre son véhicule et celui de la police, qui lui aurait ensuite roulé dessus une fois éjecté de l'habitacle. Des affrontements avec les forces de l'ordre ont eu lieu sur place, a constaté une journaliste de l'AFP.
La marche blanche, lancée avec une heure et demie de retard, s'est avancée sous tension. «Justice pour Lapin», «honte à la police», «pas de justice, pas de paix» : le cortège a scandé ces slogans avant de rejoindre le cimetière plus calmement, avec des chants et des dépôts de bouquets.
Violences lors des obsèques, condamnations déjà prononcées
Dans les jours suivant le drame, la colère avait monté au sein de la communauté locale des gens du voyage, dont était issu Paul Tancre. Fin août, plusieurs personnes ont dégradé du mobilier urbain, incendié des véhicules et endommagé des boutiques en marge de ses obsèques, selon le parquet de Compiègne.
Deux des casseurs présumés ont été interpellés mercredi. Le premier a comparu dès le jeudi suivant dans le cadre d'une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité et a été condamné à neuf mois de prison, aménagés sous bracelet électronique. Le second, qui conteste les faits qui lui sont reprochés, sera jugé le 9 novembre, a précisé le parquet de Compiègne.
Le policier mis en examen pour homicide routier
Le policier municipal qui conduisait le véhicule de service a été mis en examen pour homicide routier et placé sous contrôle judiciaire. Une enquête a par ailleurs été ouverte après la diffusion sur les réseaux sociaux de menaces et d'informations personnelles le visant.
«On veut la vérité et on veut que le policier soit en prison», a déclaré Séverine Tancre, sœur du défunt, à l'AFP ce dimanche. «On n'acceptera pas que cette affaire soit enterrée (...) et qu'au final, on vous dise que tout était normal», a ajouté Me Alexis Baudelin, avocat de proches de Paul Tancre.
Source: Google News LU FR