Meurtre de l'ex-rugbyman Aramburu à Paris : le procès de quatre accusés s'ouvre en septembre

Quatre personnes comparaissent du 7 au 25 septembre à Paris pour la mort de Federico Martin Aramburu, tué à coups de feu à Saint-Germain-des-Prés en mars 2022.

Dix détonations en 48 secondes : le procès Aramburu s'ouvre à Paris

Quatre accusés comparaissent devant la cour d'assises de Paris du 7 au 25 septembre pour la mort de Federico Martin Aramburu, ancien international argentin de rugby abattu dans le VIe arrondissement le 19 mars 2022. Franceinfo retrace en détail le déroulé de cette nuit à Saint-Germain-des-Prés, qui s'est soldée par une bagarre, une traque en voiture et dix coups de feu tirés en moins de 48 secondes.

Une soirée qui dérape au bar Mabillon

Il est 4h40 ce matin-là quand Loïk Le Priol, 27 ans, et son ami Romain Bouvier, 31 ans, s'installent au Mabillon, bar du boulevard Saint-Germain. Les deux hommes sont sympathisants du GUD (Groupe union défense), dissous en juin 2024, et se connaissent depuis leurs années à l'université Assas. Près de quarante minutes plus tard, Federico Martin Aramburu, 42 ans, double champion de France de rugby en 2005 et 2006, et son ancien coéquipier Shaun Hegarty, 38 ans, s'attablent à leur tour en terrasse. Les deux sportifs, qui ont déjà consommé « une dizaine de verres », prévoient d'assister le soir même au match France-Angleterre du Tournoi des Six Nations.

À 5h52, la tension monte. Selon le témoignage de Shaun Hegarty, Loïk Le Priol s'est adressé de manière condescendante à un client voisin. Le rugbyman le reprend. La réaction du militant d'ultradroite est immédiate : il gifle Hegarty à plusieurs reprises, obligeant le vigile du bar à intervenir. « Ce n'est pas comme ça qu'on traite quelqu'un », aurait dit Hegarty, selon un témoin. « Toi tu vas fermer ta gueule. Sinon je vais te fumer et j'irai baiser ta mère », lui rétorque Le Priol.

Une arme dissimulée, un contrôle judiciaire violé

Ce soir-là, les deux hommes enfreignent leur contrôle judiciaire. Impliqués dans une affaire de violences en réunion contre Édouard Klein, un ancien responsable du GUD, ils ont l'interdiction de se retrouver ensemble, de se rendre en Île-de-France et de porter une arme. Les images de vidéosurveillance montrent pourtant Loïk Le Priol manipuler un revolver dans les escaliers menant aux toilettes du bar.

Après l'accrochage verbal, une relative accalmie s'installe. À 6 heures, Aramburu et Hegarty s'apprêtent à partir. Mais l'ex-champion du Biarritz Olympique saisit soudainement la capuche de Le Priol, le faisant chuter. La rixe reprend des deux côtés de la rue de Buci. Le personnel du bar sépare les protagonistes.

Les deux rugbymen s'éloignent à pied. Le Priol, retenu par l'agent de sécurité, annonce alors : « Je vais le tuer. » Un serveur relativise la menace. Pourtant, le militant exhibe devant le vigile un brassard siglé « Police » ainsi que le revolver dont il avait vérifié le chargement dans les sanitaires. Le vigile pense avoir affaire à des policiers de la BAC.

La traque en Jeep verte

Romain Bouvier, furieux de voir les deux sportifs partir, crie : « Pourquoi vous les avez laissés partir ? On voulait les niquer ! » Les employés du bar tentent de les calmer en leur affirmant qu'Aramburu et Hegarty ont pris un taxi. Le Priol n'y croit pas et s'élance sur le boulevard Saint-Germain. Il dépasse sans le savoir les deux hommes, qui s'étaient réfugiés dans un hôtel voisin pour demander des glaçons.

À 6h07, une Jeep verte — appartenant à Le Priol — s'approche du Mabillon. Au volant : Lyson R., 24 ans, compagne de Le Priol. Bouvier monte immédiatement. « On va les retrouver », lance-t-il. Quelques centaines de mètres plus loin, le véhicule rattrape les deux rugbymen au pied d'un magasin de chaussures. La suite — dix coups de feu tirés en moins de 48 secondes — coûte la vie à Federico Martin Aramburu.

Quatre accusés, des qualifications distinctes

Loïk Le Priol est jugé pour assassinat. Il invoque la légitime défense. Romain Bouvier, poursuivi pour complicité de tentative d'assassinat, affirme n'avoir tiré que des coups « dissuasifs vers le sol » — une version que les images de vidéosurveillance contredisent selon l'accusation. Lyson R. comparaît pour complicité d'assassinat en raison de sa présence et de son rôle lors des faits. Anthony S., 37 ans, ami de Bouvier, est mis en cause pour recel de malfaiteur et soustraction d'objet destinée à faire obstacle à la manifestation de la vérité.

Le procès doit se tenir jusqu'au 25 septembre devant la cour d'assises de Paris.

Source: France Info

Read this article in English