Narcotrafic aux Izards de Toulouse : millions d'euros et épouse dans le viseur
Mohamed Zerrouki et ses complices sont jugés pour un trafic de stupéfiants estimé à 3,7 millions d'euros. Le réquisitoire est prévu mardi.

Procès du trafic des Izards : entre demi-aveux et millions en jeu
Selon ladepeche.fr, le procès de Mohamed Zerrouki et de ses coaccusés devant la cour d'assises de Toulouse entre dans sa phase décisive, avec un réquisitoire programmé mardi. L'affaire porte sur un vaste trafic de stupéfiants et des opérations de blanchiment dans le quartier des Izards, au nord de la ville.
Mohamed Zerrouki, présenté par la justice et la police comme « le boss » des Izards et surnommé « Zem », a reconnu jeudi matin avoir « fait des choses », tout en affirmant n'avoir « rendu service » et « pas gagné grand-chose ». La réalité du dossier peint un tableau radicalement différent.
Des chiffres d'affaires qui contredisent les accusés
Les investigations, notamment les extraits de conversations issus de téléphones cryptés, font état de bénéfices considérables : un million d'euros de profit sur 350 000 euros investis dans la cocaïne, et 267 000 euros générés par la revente de 300 kg de cannabis. Sur une période de dix-huit mois, le chiffre d'affaires total atteindrait 3,7 millions d'euros — « et ce n'est pas surestimé », a prévenu un commissaire de police lors des débats.
Ces gains expliquent également les règlements de comptes et les meurtres survenus à l'été 2020 dans le quartier.
Trois accusés — Mohamed Zerrouki, Badreddine Abbou et Hakim Boudjellah — admettent une part de leur implication, tout en prenant leurs distances avec les éléments les plus accablants du dossier. Les enquêteurs jugent ces concessions insuffisantes au regard de la procédure.
L'épouse au cœur des charges
Le cas de l'épouse de Mohamed Zerrouki, mère de ses trois enfants, retient particulièrement l'attention de la cour. Elle soutient depuis le début de l'instruction ne « rien savoir » des activités illicites de son mari ni de l'argent qui circulait. « Je pensais que c'était le poker », a-t-elle déclaré à la présidente Dominique Coquizart, qui l'a renvoyée s'asseoir.
Les enquêteurs relèvent pourtant que Zerrouki perdait au jeu bien plus qu'il n'y gagnait.
Jeudi soir, une enquêtrice a précisé depuis les Antilles les charges retenues contre elle, qui demeure libre depuis le début de l'instruction. Au-delà d'un vestiaire estampillé Louis Vuitton et Dior plutôt que Zara, les extraits de conversations captées sur son téléphone crypté fragilisent sa défense. Ses inquiétudes exprimées pour « sa sécurité » et celle de ses enfants, sa colère face au fait que « les autres » aient « repris le terrain », et sa volonté affichée de rester « discrète » laissent peu de place à l'image d'une femme tenue à l'écart.
Verdict attendu en fin de semaine
Le verdict pourrait être rendu dès mercredi soir si les débats s'accélèrent et que les accusés se montrent plus loquaces, ou au plus tard jeudi. Le réquisitoire doit quant à lui être prononcé mardi.
Source: Google News FR — Crime (fr)