Pau : ancien policier condamné pour agression sexuelle et soumission chimique

Un ancien agent de la brigade anticriminalité a versé un produit nettoyant pour jantes dans le verre de son épouse avant de l'agresser sexuellement. Le tribunal l'a condamné à 16 mois de prison.

Un produit nettoyant détourné en substance incapacitante

Le tribunal correctionnel de Pau a condamné lundi un homme de 58 ans à 16 mois de prison pour agression sexuelle et soumission chimique commise sur son épouse. Selon sudouest.fr, le prévenu avait versé du GBL — une substance présente dans un nettoyant pour jantes automobiles — dans le verre de sa compagne lors d'un apéritif, avant de la violenter sexuellement.

L'homme, qui exerçait la fonction de policier à la brigade anticriminalité jusqu'en 2025, avait découvert en ligne les propriétés du GBL, une molécule dont les effets à faible dose sont comparables au GHB, un produit utilisé par les violeurs. Le couple était marié depuis 2022 et vivait à Salies-de-Béarn. La victime a déposé plainte le 14 octobre dernier.

Un contexte de violences antérieures

Ce n'était pas la première fois que le prévenu exerçait de la violence envers son épouse. En 2023, il avait proféré des menaces de mort contre elle ; ses armes lui avaient alors été retirées. La présidente du tribunal, Marie-Gabrielle Viché, a énuméré d'autres faits : refus de laisser sa femme voir sa fille d'une précédente union, violence physique dirigée contre elle, intimidations répétées. L'homme, colérique, frappait les murs et les portes pour affirmer sa force.

La victime avait envisagé de quitter le foyer mais y était restée. Deux mois avant le jugement, elle avait demandé le divorce.

Le soir de l'agression

Lors de cet apéritif fatidique, la victime a senti les effets du produit très rapidement. « Je ne sais pas ce qui m'a pris. J'ai eu la mauvaise pensée de lui verser ce produit malheureux. Mais je m'en suis voulu avant, pendant et après », a déclaré le prévenu lors du procès. Il a prétendu avoir tenté de limiter les effets en lui préparant un repas, mais la victime s'est endormie sous l'effet de la substance.

À son réveil, elle a découvert son mari ayant accès à son intimité et soupçonne un viol digital. Elle a par la suite enregistré une conversation avec lui lors de laquelle il déclarait : « Je t'ai caressée pour te donner envie alors arrête avec ça ». Il a invoqué « les droits et les obligations du mariage » pour justifier son acte.

Le réquisitoire du procureur

Le procureur Jean-François Dobeli a rejeté ces justifications avec force. « Le droit de cuissage n'existe pas, n'existe plus », a-t-il tonné. Il a souligné l'ironie du dossier : le prévenu, au cours de sa carrière policière, avait certainement été confronté à des cas de femmes battues et abusées. Il a requis 16 mois de prison, dont 8 ferme.

L'avocat de la défense a plaidé la « déliquescence du couple » et évoqué l'isolement de son client, un brigadier-chef en arrêt maladie pour dépression grave. Il a demandé une peine non carcérale pour permettre au prévenu de s'acquitter de ses dettes envers son ex-femme et du versement d'une pension alimentaire.

La condamnation

Le tribunal l'a condamné à 16 mois de prison, dont 12 avec sursis probatoire. Outre les quatre mois fermes, il doit suivre des soins et se voit interdire tout contact avec la victime durant trois ans. Il ne pourra pas porter d'armes pendant la même période. Il a également été inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.

Source: Google News FR — Crime (fr)

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