Policier mis en examen après un tir de Cougar sur un lycéen de 14 ans
Un policier a été placé en examen pour violences ayant entraîné une mutilation permanente après avoir tiré un projectile au visage d'un adolescent lors d'un blocus à Saint-Ouen-l'Aumône. Le parquet a rejeté l'argument de légitime défense invoqué par l'agent.

Mise en examen et interdiction d'exercer
Le policier qui a grièvement blessé au visage un lycéen de 14 ans lors d'un tir de lanceur Cougar a été mis en examen mardi dernier pour « violences par personne dépositaire de l'autorité publique suivies de mutilation ou d'infirmité permanente ». Selon Actu17, l'incident s'est déroulé le 28 septembre en marge d'un blocus devant le lycée professionnel Château d'Épluches à Saint-Ouen-l'Aumône, dans le Val-d'Oise. Le fonctionnaire a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer ses fonctions jusqu'à nouvel ordre, a indiqué le parquet de Pontoise.
Les faits contestés
Selon les déclarations du policier en garde à vue, il a utilisé son arme « face à la résistance du lycéen qui persistait à venir au contact de son groupe ». L'agent a aussi déclaré avoir vu l'adolescent « décrocher un coup de pied sur le haut de la jambe de sa collègue » et « tendre le bras au niveau du casque de celle-ci ». Le parquet a écarté cet argument de légitime défense, considérant que « les conditions (n'en) sont pas réunies » en raison de « l'absence de proportionnalité de l'usage » du lanceur Cougar.
L'ampleur des blessures
Eden a perdu plusieurs dents et souffre d'une fracture de la mandibule qui a nécessité une intervention chirurgicale. D'après le parquet, il a subi une opération et présente des dents du haut cassées et celles du bas arrachées. Selon sa mère, rapportée par Actu17, le jeune homme avait « le cœur en miettes » et sa machoire était « scellée » après les blessures, le forçant à s'alimenter avec une paille.
Encadrement juridique
Le procureur de la République de Pontoise, Guirec Le Bras, a rappelé que « les faits de violences volontaires aggravées ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente, qualification criminelle, sont punis d'une peine de 15 ans de réclusion criminelle ». Le policier encourt donc une lourde condamnation.
Enquêtes parallèles
Deux enquêtes ont été ouvertes. La première a été confiée à l'IGPN, l'inspection générale de la police nationale, qui s'est déplacée immédiatement. La seconde, relative aux faits de violences sur dépositaire de l'autorité publique, a été confiée au commissariat de Cergy. La famille d'Eden a déposé plainte, visant notamment une tentative d'homicide volontaire et des violences volontaires avec arme commises par des personnes dépositaires de l'autorité publique sur un mineur de moins de 15 ans.
Contexte vidéo
Des vidéos filmées par plusieurs témoins, largement relayées sur les réseaux sociaux, montrent le déroulement partiel des faits. On y voit l'adolescent s'approcher de trois policiers en tenue de maintien de l'ordre. Une policière lui assène un coup de tonfa pour l'éloigner. Le jeune homme répond par un coup de pied avant qu'un second policier ne tire avec son lanceur Cougar, touchant le lycéen au visage.
Source: Actu17