Principal trafiquant de cocaïne renvoyé aux assises après démantèlement d'un réseau
Firat Cinko, 39 ans, est renvoyé devant la cour d'assises spéciale pour avoir dirigé un vaste trafic international de cocaïne depuis Paris et la prison de Meaux. Vingt-deux autres personnes sont poursuivies avec lui.
Procès aux assises pour un trafic de cocaïne massif
Selon ouest-france.fr, une ordonnance de mise en accusation rendue fin novembre renvoie Firat Cinko devant la cour d'assises spéciale. Le parquet de Paris soupçonne ce Français de 39 ans d'avoir dirigé et organisé un réseau international de trafic de stupéfiants, opérant à la fois depuis les beaux quartiers de Paris et depuis sa cellule à la prison de Meaux en Seine-et-Marne.
Cinko risque la réclusion criminelle à perpétuité. Vingt-deux autres personnes sont renvoyées aux côtés de l'accusé principal, suspectées d'avoir participé à divers niveaux au sein de l'organisation. Une audience en appel était prévue pour le 11 février 2026 afin de contester les poursuites.
Une résidence à proximité de l'Élysée
Avant son incarcération, Cinko résidait au 8e arrondissement de Paris avec sa compagne. Son appartement se situait à environ quatre minutes à pied de l'Élysée et de la place Beauveau, siège du ministère de l'Intérieur. La proximité avec la résidence présidentielle a marqué les enquêteurs lors de l'instruction.
L'homme apparaît dans les dossiers judiciaires comme l'une des figures majeures du trafic de cocaïne en France. Selon une source proche du dossier consultée par l'AFP, Cinko est classé parmi les trente principaux trafiquants visés en priorité par les enquêteurs. Son réseau compte parmi la dizaine d'organisations qui contrôlent les flux massifs de cocaïne en territoire français.
Importations massives et routes continentales
L'enquête, menée sur plusieurs continents, a documenté des importations de cocaïne par voies maritime et aérienne entre 2020 et 2021. Les trajets reliaient Paris, Le Havre et la Martinique à un fournisseur vénézuélien de premier plan.
La justice retient notamment l'importation de 600 kilos de cocaïne dissimulés dans un conteneur en provenance de la Martinique. Cette cargaison a été saisie au Havre à l'été 2020. Un second envoi de près de 400 kilos aurait également été organisé par Cinko alors qu'il était déjà détenu.
Selon l'ordonnance d'accusation, l'enquête a « permis de mettre à jour un réseau structuré spécialisé dans l'approvisionnement, l'acheminement et la distribution de cocaïne » en provenance de l'arc antillais. Les juges d'instruction soulignent que Cinko, bien qu'il le conteste, « apparaît comme le dirigeant de ce réseau aux moyens logistiques et à la surface financière considérables ».
Dénégations et passé judiciaire
Lors des interrogatoires, Cinko a nié diriger le trafic, bien qu'il admette y avoir participé. Il s'est présenté comme logisticien et informateur de la police, soutenant avoir pris part à des opérations de trafic afin d'en dénoncer les participants. Les autorités confirment qu'il a effectivement été source de renseignements pour la police antidrogue, mais uniquement jusqu'en 2017.
Cinko a un lourd passé pénal. Il a déjà été condamné à plusieurs reprises pour trafic de drogue, malgré une enfance décrite comme paisible et des études brillantes. Des investigations ultérieures l'ont entraîné dans deux affaires de corruption : l'une impliquant une greffière de la prison de Meaux, l'autre un agent de l'Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants.
Révélations par infiltration et surveillance
Cinko a d'abord été découvert grâce à une opération d'infiltration menée par les autorités américaines, puis par un agent infiltré français. Les enquêteurs ont également exploité l'enregistrement audio clandestin de sa Smart. Le véhicule captait les conversations de Cinko, qui s'exprimait sans précaution lors de déplacements. Des photographies et des vidéos documentant des pains de cocaïne à différents stades de transport ont renforcé le dossier d'accusation.
Source: Google News FR — Crime (fr)