Procès Aramburu à Paris : trois semaines pour juger un meurtre à Saint-Germain-des-Prés

Le procès du meurtre de Federico Martin Aramburu s'ouvre le 7 septembre à Paris. Quatre accusés comparaissent pour des faits commis le 19 mars 2022.

Procès Aramburu à Paris : trois semaines pour juger un meurtre à Saint-Germain-des-Prés

Ouverture du procès Aramburu : la nuit du 19 mars 2022 rejouée devant les assises

Le procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu s'ouvre le lundi 7 septembre à 14h30 au palais de justice de Paris, rapporte rugbyrama.fr. Trois semaines d'audience sont prévues pour entendre les accusés, les témoins et la famille de la victime, ancien international argentin de rugby.

Les débats reconstitueront dans le détail la nuit du 19 mars 2022 : les trajectoires, les images de vidéosurveillance, les coups de feu, et la Jeep lancée dans les rues de Saint-Germain-des-Prés au cours d'une poursuite mortelle. Plusieurs années d'instruction — expertises balistiques, reconstitution, confrontations de versions — auront été nécessaires pour mettre en état un dossier né de quelques minutes de violence extrême.

Quatre accusés, des stratégies distinctes

Loïk Le Priol et Romain Bouvier, incarcérés depuis 2022, sont les deux figures centrales de l'affaire. Tous deux issus du Gud, mouvement d'extrême droite dissous en juin 2024 par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, ils reconnaissent avoir fait usage de leurs armes mais contestent la qualification retenue par l'accusation.

Le Priol, ex-commando marine, est jugé pour assassinat et encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Sa défense entend plaider à la fois l'absence de préméditation et la légitime défense. Bouvier comparaît pour tentative d'assassinat — il n'est finalement pas renvoyé pour la mort d'Aramburu — et sa défense cherchera à démontrer qu'il n'avait pas l'intention de tuer. Les deux hommes se présentent donc devant les jurés avec des lignes de défense qui ne se recoupent plus entièrement, même si l'un comme l'autre risquent la perpétuité.

Lyson R., compagne de Le Priol au moment des faits et conductrice du véhicule, devra répondre de complicité de tentative d'assassinat. Un quatrième prévenu, Anthony S., comparaît notamment pour avoir aidé Bouvier après les faits et pour la disparition d'une arme ; il encourt trois ans de réclusion.

La question centrale : y avait-il préméditation ?

La qualification juridique des faits constitue l'enjeu majeur du procès. Un meurtre commis avec préméditation ou guet-apens est légalement un assassinat, passible de la réclusion à perpétuité. C'est précisément cette requalification que la défense de Le Priol entend combattre. Pour Bouvier, la démonstration portera sur l'absence d'intention homicide.

Le témoignage attendu de Shaun Hegarty

Parmi les voix qui se feront entendre, celle de Shaun Hegarty sera particulièrement scrutée. L'ancien joueur et ex-président du Biarritz Olympique se trouvait aux côtés d'Aramburu cette nuit-là. À l'approche du procès, il a confié à rugbyrama.fr que ses réveils nocturnes ont repris : « On est sur une remise en route de toute cette nuit-là. Le cerveau travaille et, de temps en temps, il m'empêche de dormir. » Hegarty a néanmoins annoncé sa présence à chaque jour d'audience : « Je serai là pour écouter, de la première phase au point final. »

Une affaire qui dépasse le monde du rugby

L'appartenance de Le Priol et Bouvier au Gud avait rapidement donné à l'affaire une dimension politique. Après la mort d'Aramburu, sa famille avait publiquement désigné cet environnement idéologique. L'enquête n'a toutefois pas retenu de mobile politique ou raciste. Les assises jugeront des individus pour leurs actes et leurs intentions, et non le mouvement d'extrême droite auquel ils étaient liés.

Source: Google News FR — Crime (fr)

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