Procès du triple meurtre à Marseille : Amine Kessaci et ses frères face aux accusés
Le procès du meurtre de Brahim Chabane s'ouvre lundi à Aix-en-Provence sous haute surveillance. Amine Kessaci, adjoint au maire de Marseille, sera entendu comme partie civile.

Procès du triple assassinat sous cloche à Aix-en-Provence
Le centre-ville d'Aix-en-Provence sera blindé à partir de lundi 19 octobre pour trois semaines. Hélicoptères, snipers et unités d'élite encadreront le procès d'un triple homicide dont les trois victimes ont été retrouvées démembrées et calcinées. Selon nouvelobs.com, l'affaire met en lumière les luttes intestines entre réseaux de trafic de drogue à Marseille.
Brahim Chabane, demi-frère d'Amine Kessaci, figure parmi les trois victimes. Retrouvé calciné dans un véhicule incendié en décembre 2020 sur une autoroute près de Marseille, il avait reçu une balle dans la tête, tout comme Réda Khaldi, 22 ans. Une troisième victime, Nassim Loubani, 24 ans, a été découverte huit jours plus tard, le 6 janvier 2021, dans une autre voiture en feu. Tous trois étaient impliqués dans le trafic de stupéfiants.
Amine Kessaci : quatre ans après, toujours en quête de réponses
Amine Kessaci, 23 ans, adjoint au maire de Marseille depuis les récentes élections municipales, sera entendu comme partie civile. Presque un an après l'assassinat de son autre frère, Mehdi, tué en novembre 2025, il s'exprime sur son attente vis-à-vis du procès. « Je serai debout, je les regarderai tous droit dans les yeux, je serai face à tous les accusés », déclare-t-il.
Amine Kessaci analyse la situation générale : « Ce pays est face à une narcocratie qui a pris plus de poids que ce qu'elle pouvait prendre. » Il cherche à trouver des réponses aux questions « qui depuis le 29 décembre 2020 ne [l'] ont pas quitté » et souhaite « comprendre ce qui s'est passé… même si rien ne peut expliquer ce qui s'est passé ». Le triple homicide avait déjà poussé ce jeune homme à s'engager contre le narcotrafic dans la cité phocéenne.
Les principaux accusés : deux figures du crime organisé marseillais
Cinq personnes sont mises en accusation. Parmi elles, deux noms dominent : Karim Harrat et Amine Oualane, tous deux présumés à la tête du groupe criminel DZ Mafia et détenus dans des prisons de haute sécurité.
Karim Harrat, surnommé « Rant » (diminutif de « Rantanplan »), est accusé d'avoir commandité et financé le triple homicide depuis Dubaï, aux Émirats arabes unis, où il se présentait comme « autoentrepreneur ». Extradé du Maroc vers la France en février 2023, il était recherché dans plusieurs dossiers d'assassinats et est soupçonné d'avoir piloté, depuis l'étranger notamment, un vaste réseau international de trafic de cannabis et de cocaïne. En janvier 2026, il a été condamné à dix ans de prison pour avoir été le « donneur d'ordres principal » d'un réseau international. Un de ses avocats, Me Hugues Vigier, indique que son client « conteste absolument toute implication dans le dossier ».
Amine Oualane, surnommé « Mamine », est accusé d'avoir été le principal relais de Harrat sur le terrain et d'avoir participé aux assassinats. Au moment des faits, il était en cavale depuis plusieurs mois, après s'être évadé lors d'une permission de sortie. Aujourd'hui âgé de 32 ans et considéré comme l'un des piliers présumés de la DZ Mafia, il compte depuis huit mises en examen ou accusations dans des affaires d'assassinat et de meurtre en bande organisée. Son avocate, Inès Medioune, assure que son client « n'a rien à voir dans cette affaire ».
Un passé de violence, une trajectoire vers la criminalité
Lors d'un précédent procès en mars 2026 pour un double assassinat commis en 2019, Karim Harrat avait été condamné à vingt-cinq ans de réclusion, tandis qu'Amine Oualane avait été acquitté. Cependant, dans la présente affaire, ce dernier figure comme principal suspect sur le terrain.
Une enquête de personnalité menée lors de son premier procès avait révélé une enfance marquée par la maltraitance, l'enfermement et le manque de nourriture. Déscolarisé vers 15 ans, Oualane avait basculé dans la délinquance, mû par « une attirance pour l'argent rapide ». Il a passé une grande partie de sa vie en prison depuis ses 18 ans.
Le meurtre de Mehdi Kessaci : une piste ouverte vers la DZ Mafia
Le 13 novembre 2025, Mehdi Kessaci, 20 ans, frère d'Amine, a été assassiné en plein après-midi par des tueurs à moto dans un quartier du centre de Marseille. Totalement étranger au trafic de drogue, le jeune homme qui souhaitait devenir policier a été visé par erreur, selon les enquêteurs de la police judiciaire et de l'Office central de Lutte contre le Crime organisé (OCLCO). Les tueurs visaient en réalité Amine Kessaci.
Selon une source proche du dossier, Amine Oualane figure parmi les pistes dans cette enquête toujours en cours. La mort de Mehdi avait provoqué une onde de choc dans le pays et endeuillé à nouveau Amine Kessaci, confronté en moins d'un an à la perte de deux frères.
Source: Google News FR — Crime (fr)