Procès en appel d'Elysée Ade : le « gourou de la Villette » nie l'abus

Elysée Ade, condamné en première instance pour abus de faiblesse, a comparu lundi 28 septembre en appel à Paris. Soutenu par ses adeptes, l'accusé a nié exercer une quelconque emprise sur les membres de son groupe les « Guerriers de lumière ».

Procès en appel d'Elysée Ade : le « gourou de la Villette » nie l'abus

Procès en appel d'Elysée Ade : le « gourou de la Villette » nie l'abus

Selon BFM TV, Elysée Ade s'est présenté lundi 28 septembre à la cour d'appel de Paris pour son procès en appel concernant des accusations d'abus de faiblesse. Condamné en première instance en 2022 à 30 mois d'emprisonnement dont 12 ferme, il conteste cette condamnation et revient devant la justice pour des faits impliquant une vingtaine de personnes.

Ses adeptes ont rempli les bancs du public de la salle d'audience, affichant un soutien visible : les hommes avaient le crâne rasé comme leur leader, les femmes les cheveux longs lâchés. Vêtu d'un veston noir satiné sur une chemise blanche, Elysée Ade a répété sans relâche à la barre qu'aucun des membres du groupe ne le suivait sous contrainte. « Ils me suivent de leur plein gré, sans obligation », a-t-il affirmé lors de son interrogatoire.

L'accusé a présenté les « Guerriers de lumière » comme une structure « en cercle » plutôt que hiérarchique. Il a nié être le gourou pour lequel le présentent, selon lui, « ceux qui lui en veulent ». Plusieurs membres auraient rejoint le groupe après avoir suivi les cours gratuits de kung-fu qu'il dispensait au parc de La Villette. Un groupe plus restreint participait aux « cercles d'éveil » où Elysée Ade dissertait sur des sujets philosophiques.

Les pratiques incriminées incluent des séances thérapeutiques contre rémunération, dispenser sans formation, ainsi que des rencontres avec un sous-groupe de femmes appelées « FOX » (Female Orgasm Expert). Selon les accusations, Elysée Ade y enseignait la masturbation avec vibromasseur, présenté comme une méthode pour « libérer l'énergie sexuelle » contribuant au salut du monde.

La présidente de la cour a relevé que le défendeur fixait des préceptes stricts : jeûner, dormir par terre, se doucher à l'eau froide. Interrogé à ce sujet, Elysée Ade a répondu : « Il n'y a rien de systématique, rien d'obligatoire. » Cependant, les dossiers font état de remontrances adressées à une FOX jugée au-dessus de son poids idéal fixé à 42 kilogrammes pour 1 mètre 55.

François C., le premier plaignant en 2012, avait reçu un email violent après avoir quitté le groupe. L'avocat des parties civiles a cité ces termes adressés au défendeur : « Je te dis d'aller te faire foutre, je ne céderai pas au chantage d'une merde humaine. » Après son départ, François C. avait été traité de « grosse merde » ou de « tas de viande avariée » par d'autres membres. Elysée Ade a minimisé : « Les gens ont exprimé leur frustration, voilà. »

Le défendeur a justifié les exigences imposées par une logique de dépassement de soi empruntée au kung-fu. « Quand on prétend aider les autres, on doit avoir une force et une volonté. Je leur demandais d'être dans une logique d'excellence. Si elles ne le voulaient pas, elles pouvaient rester dans leur vie de base. »

Elysée Ade a qualifié les plaintes de vendetta : les accusateurs auraient en commun qu'il les avait demandé de partir. Il a critiqué le travail des enquêteurs, accusant les gendarmes d'avoir orienté les interrogatoires et déformé les propos des témoins. « On grossit les faits pour faire passer Monsieur Ade pour un monstre », a-t-il déclaré. « On sort les choses de leur contexte. »

L'UNADFI (Association nationale de défense des familles et individus victimes de sectes) avait signalé les pratiques d'Elysée Ade, rapportant notamment que certains membres avaient rompu tout lien familial ou amical en dehors du groupe. Le défendeur a nié toute dérive sectaire. « Je déteste les sectes. C'est le paradoxe : je suis ici parce que je suis censé être une secte, alors que je suis anti-secte ! »

À plusieurs reprises lors de l'audience, les soutiens présents ont partagé des rires, notamment en réaction aux questions de la cour. La présidente a dû intervenir : « S'il vous plaît, au fond de la salle, je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. » Les adeptes ont continué à échanger des regards complices, demeurant visiblement à l'aise.

Source: BFM TV

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