Rachida Dati demande à réintégrer la magistrature à dix jours de son procès pour corruption
Mise en examen depuis 2021, Rachida Dati s'est vu proposer un poste de magistrate à sa demande, alors que son procès s'ouvre le 16 septembre. La démarche suscite des critiques au sein de la profession.
Retour en robe à la veille du tribunal correctionnel
À dix jours de l'ouverture de son procès pour corruption, Rachida Dati a sollicité sa réintégration dans la magistrature — et le ministère de la Justice lui a proposé un poste. Selon France Info, le ministère a confirmé la démarche dans un communiqué : « Madame Dati a sollicité sa réintégration comme magistrate, comme elle en a le droit, et sera prochainement affectée dans le cadre de la procédure de transparence classique des magistrats. »
La figure de la droite française, âgée de 58 ans, avait quitté la magistrature il y a 23 ans pour se consacrer à une carrière politique menée notamment aux côtés de Nicolas Sarkozy, dont elle a été garde des Sceaux de 2007 à 2009. Battue aux élections municipales à Paris en mars dernier, elle demeure maire Les Républicains du 7e arrondissement.
Mise en examen depuis 2021
Depuis 2021, Rachida Dati est mise en examen pour corruption et trafic d'influence passif. Les faits qui lui sont reprochés concernent ses activités pour le compte d'une filiale de Renault lorsqu'elle siégeait au Parlement européen. Elle doit comparaître à partir du 16 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris. Les peines encourues s'élèvent à dix ans d'emprisonnement et à cinq ans d'inéligibilité.
Un « message contradictoire » selon les magistrats
Au sein de la profession, le projet de retour divise. Certains magistrats s'inquiètent des répercussions sur l'image de l'institution judiciaire. Ludovic Friat, président de l'Union syndicale des magistrats, a formulé ses réserves par écrit : « Ce projet de réintégration à quelques jours d'un procès pénal médiatique concernant l'intéressée envoie un message contradictoire. »
D'autres voix au sein du corps soulignent que Dati exerce un droit qui lui est légalement reconnu, indépendamment de toute procédure pénale en cours. Le calendrier de l'affectation reste, pour l'heure, soumis à la procédure habituelle de transparence applicable à l'ensemble des magistrats.
Source: France Info