Ulric Riboulet condamné à 25 ans pour meurtre à Gradignan

Un homme de 27 ans a été reconnu coupable du meurtre brutal de sa voisine, poignardée 25 fois. La cour d'assises de Gironde a prononcé sa condamnation à 25 ans de réclusion mercredi.

Verdict en cour d'assises

La cour d'assises de la Gironde a condamné Ulric Riboulet, 27 ans, à vingt-cinq ans de réclusion criminelle, mercredi 7 octobre. Selon sudouest.fr, le Gradignanais a été reconnu coupable du meurtre de sa voisine, Véronique Boitard, poignardée à 25 reprises dans la nuit du 9 au 10 juillet 2022. La sentence comprend une période de sûreté des deux tiers, un suivi sociojudiciaire de dix ans, avec obligation de se soigner et de travailler, et interdiction de paraître à Gradignan.

Riboulet a maintenu jusqu'au bout son innocence. « Je jure 10 000 fois », a-t-il déclaré quatre heures avant le prononcé du verdict. La défense avait plaidé l'acquittement au bénéfice du doute, soulignant l'absence d'arme du crime, de vêtements souillés de sang et de gants retrouvés.

Les éléments de preuves

Les chaussures Asics noires de Riboulet, pointure 42, présentaient des traces de sang visible à l'œil nu. Elles ont été découvertes au pied du lit de l'accusé. Pour l'avocat général Philippe Vique, ces traces pointent systématiquement vers le voisin et correspondent aux empreintes de semelle ensanglantées relevées sur les lieux. Vique avait requis la peine maximale, trente ans de réclusion criminelle.

La thèse du parquet

L'avocat général a présenté la mort de Boitard comme résultant d'un cambriolage avorté. Selon Vique, Riboulet se serait glissé sous le volet roulant du séjour, les mains gantées, aurait fait du bruit et aurait tué la femme qui dormait sur le canapé pour ne pas être identifié. Le désordre sanglant, qui a transformé presque toute la maison en scène de crime, témoignerait selon lui d'une intention délibérée de tuer. « Il agit avec une détermination effrayante, tue avec une sauvagerie inouïe, ment avec un cynisme désolant », a conclu l'avocat général.

Les arguments de la défense

L'avocat d'Ulric Riboulet, Grégoire Mouly, a soulevé des zones d'ombre. Il a relevé que seules les chaussures présentaient du sang visible, tandis que ni l'arme du crime ni des vêtements tachés n'ont été retrouvés. Riboulet aurait conservé les chaussures dont les traces sanguines sautaient aux yeux, tout en se débarrassant de tout le reste. Mouly a invoqué les fragilités psychologiques de son client, sa parole perturbée et dix ans de suivi psychiatrique à l'hôpital Charles-Perrens, que les trois psychiatres experts n'ont cependant jugés suffisants pour altérer ou abolir le discernement.

La défense a également rappelé les épisodes de violence marquant l'adolescence de Riboulet, tous liés à la consommation de cannabis, qualifiant le "télescopage" entre cette substance et ses faiblesses personnelles.

L'accueil du verdict

La mère, la fille et l'ex-mari de Véronique Boitard ont accueilli le verdict avec la dignité qu'ils ont maintenue tout au long des trois jours de procès. L'avocat des parties civiles, Niels Capeyron, avait exposé le calvaire de la victime : une femme seule, poignardée à 25 reprises à son domicile dans la nuit, traînée de force, ses vêtements arrachés, saignée dans le couloir menant à sa chambre. Riboulet dispose de dix jours pour interjeter appel.

Source: Google News FR — Crime (fr)

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