Violences massives lors de la mobilisation du 17 octobre, la police débordée
Le mouvement de protestation du 17 octobre a été accompagné de violences urbaines d'une intensité exceptionnelle dans plusieurs grandes villes. Environ 1 800 interpellations ont été effectuées.
Manifestation du 17 octobre : villes ravagées et forces de l'ordre débordées
Selon tf1.fr, la journée de mobilisation du 17 octobre a réuni quelque 550 000 participants selon le ministère de l'Intérieur, ou 800 000 selon la CGT. Ces chiffres masquent cependant une réalité brutale : des violences urbaines d'une rare intensité ont éclaté simultanément dans plusieurs métropoles françaises. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a dénombré 1 800 interpellations au bilan final.
Les forces de l'ordre ont été prises à partie dans chaque ville touchée. Du mobilier urbain a été systématiquement dégradé, des commerces saccagés et pillés. « Manifester est un droit fondamental. Semer le désordre avec violence et de manière concertée n'en est pas un. Attaquer nos forces de l'ordre, s'en prendre à nos institutions, dégrader des bâtiments publics, s'introduire dans des préfectures ou des mairies, piller des commerces : rien ne peut le justifier », a déclaré Nuñez.
À Paris, le centre-ville a enregistré les dégâts les plus visibles. Des rues entières autour de la place de la République ont été méthodiquement ravagées selon le maire Emmanuel Grégoire. La première adjointe PS au maire, Lamia El Aaraje, a estimé sur Franceinfo que la ville avait atteint « un niveau de violence que nous n'avons, je crois, jamais vu ». Les habitants exprimaient consternation et incompréhension : l'un d'eux a confié à LCI avoir l'impression d'être « pas dans une zone de guerre, mais c'est quand même hyper particulier ».
Bordeaux a aussi enregistré des scènes de pillage à grande échelle. Le maire Thomas Cazenave a dénombré entre 50 et 100 commerces dont les vitrines ont été fracturées ou qui ont été pillés. « Je condamne avec la plus grande fermeté. Aucune revendication ne peut justifier un tel débordement de violences dans nos rues », a-t-il affirmé.
À Marseille, le maire Benoît Payan a décrit l'ampleur des troubles. « Ce que l'on a vu hier est insupportable. Je n'ai pas les mots pour décrire ce que jamais je n'aurais pensé vivre », a-t-il déclaré. Il a dénoncé « des hordes de casseurs et de pilleurs se sont pris à nos biens communs, aux forces de l'ordre, aux pompiers, aux lycéens, sans aucune revendication ». Payan a souligné que « la ville a été cassée » et que « les policiers municipaux et les lycéens ont été transformés en chair à canon ».
Lille a connu des scènes similaires. La mairie a été forcée par les casseurs, comme plusieurs bâtiments municipaux dans d'autres villes.
À Lyon, l'antenne de l'office du tourisme place Bellecour a été incendiée. Les pompiers, empêchés d'intervenir par la foule, ont dû assister impuissants à la destruction totale du bâtiment. Le préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Étienne Guyot, a rapporté que « les Lyonnais disent que l'on n'a jamais vu un tel déchaînement de violence ». Le maire Grégory Doucet a évoqué le « chaos total » observé pendant de longues heures.
L'hôtel de ville de Limoges, bâtiment historique datant du XIXe siècle, a été ravagé par les flammes après qu'un groupe d'individus y ait pénétré et y ait délibérément mis le feu. Le préfet de la Haute-Vienne, Maurice Barate, a confirmé que « c'est sciemment que le feu a été mis ». La toiture s'est effondrée, et la partie historique du bâtiment est « quasi 100 % détruite » à l'intérieur. Seule la partie arrière, moderne, a pu être sauvegardée par les pompiers.
Au lendemain des troubles, des scènes de désolation dominaient le paysage urbain français. Le bilan matériel et symbolique de cette journée reste sans précédent.
Source: Google News FR — Crime (fr)