Violences policières à Carcassonne : un agent jugé début novembre après la mort de Youssef

Un policier national comparaîtra début novembre après avoir projeté violemment un jeune homme au sol le 21 juin à Carcassonne. La victime est décédée treize jours plus tard.

Un policier de Carcassonne renvoyé en jugement après la mort d'un jeune homme

Un fonctionnaire de la police nationale sera jugé début novembre pour violences volontaires, après avoir saisi par derrière un jeune homme et l'avoir projeté violemment au sol le 21 juin à Carcassonne, dans l'Aude. Selon Le Monde - Justice, la vidéo de l'incident a largement circulé sur les réseaux sociaux avant que le parquet ne saisisse l'antenne de Marseille de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

La victime, Youssef, 29 ans, est décédée le 3 juillet, soit treize jours après les faits filmés. Le parquet de Carcassonne a précisé qu'« à ce jour, en l'état des investigations, il n'existe (…) aucun lien de causalité entre les faits filmés et le décès survenu 13 jours après ». L'autopsie, réalisée le 9 juillet 2026, « excluait toute lésion traumatique suspecte en faveur de l'intervention d'un tiers » et privilégiait une « cause toxique ». Le rapport conclut à un arrêt cardiaque dont la cause demeure « indéterminée ».

La famille conteste le portrait dressé par le parquet

Hamza, le frère de Youssef, a été auditionné le lundi 14 septembre par des enquêteurs de l'IGPN de Marseille, qui se sont déplacés jusqu'au commissariat de Carcassonne — l'établissement où travaille le policier mis en cause. La famille avait déposé plainte la veille.

Interrogé par BFMTV, Hamza a tenu à rétablir l'image de son frère après que le parquet eut évoqué des « antécédents connus de polytoxicomanie » et affirmé que Youssef vivait dans la rue depuis l'âge de 16 ans. « Mon frère n'était pas SDF, il a sa chambre chez les parents qui habitent un 130 m². Il n'était pas non plus polytoxicomane. Il avait fumé des joints et bu avec ses amis à la Fête de la musique, c'est tout », a-t-il déclaré. Il ajoute que son frère « ne méritait pas de subir ces violences pour ça ».

Pour Hamza, la mort de Youssef n'est pas le seul enjeu du combat judiciaire engagé. « Mais pour nous ce n'est pas sa mort le problème ici, ce sont les violences policières », a-t-il expliqué.

Un contexte local déjà marqué par un scandale

La diffusion de la vidéo est intervenue peu après un autre enregistrement ayant provoqué un scandale à Carcassonne : des policiers municipaux y tenaient des propos racistes, homophobes et misogynes. Hamza assure que le policier municipal le plus audible sur cet enregistrement « parlait comme ça tous les jours » et qu'« il y a un soulagement général chez les Carcassonnais depuis sa mise à pied ».

Selon Hamza, ce même agent apparaît également dans la vidéo montrant l'agression de Youssef. Il ne le voit pas porter les coups filmés, mais affirme, en s'appuyant sur les témoignages de personnes présentes, que l'agent aurait continué à agir après la fin de l'enregistrement. « Une fois la vidéo coupée il bouscule une jeune dame et s'en prend aux autres personnes, notamment à mon frère. Il lui vide la gazeuse sur le visage », déclare-t-il.

Hamza, qui tient un commerce en centre-ville situé « devant le commissariat de la police municipale », décrit un agent dont les comportements étaient, selon lui, connus de longue date dans le quartier : « Il attrapait les petits, les gens issus de la diversité, et il était violent avec des propos inacceptables. »

L'IGPN enquête pour violences volontaires

Le parquet a officiellement saisi l'IGPN de Marseille « d'une enquête judiciaire du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ». Cette saisine est directement liée à la vidéo circulant sur les réseaux sociaux, qui montre le policier national saisir Youssef par derrière avant de le projeter au sol.

Hamza dit espérer que cette procédure marquera un tournant. « On espère que les violences policières s'arrêtent à Carcassonne et partout sur le territoire. Les policiers carcassonnais on les connaît, ils sont géniaux. Quand on voit ça on est dégoûté. Dégoûté aussi pour eux et les autres policiers », a-t-il conclu.

Source: Le Monde - Justice

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