Condamnation à 20 ans pour le meurtre de "La Maff" à Gosier, les deux camps font appel
Achille Bougouneau a été condamné à 20 ans de réclusion pour le meurtre de Ludrick Morentin en 2021. Défense et parties civiles contestent le verdict et annoncent un appel.

Verdict contesté des deux côtés après la mort de Ludrick Morentin à Grand Baie Gosier
Achille Bougouneau a été reconnu coupable de meurtre et condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour la mort de Ludrick Morentin, dit « La Maff », survenue le 6 mars 2021 à Grand Baie Gosier. Selon rci.fm, la décision, rendue au terme de trois jours d'audience à la cour d'assises, a provoqué un rejet unanime des deux côtés de la barre.
Le jury a délibéré pendant deux heures et demie sur l'unique question de l'homicide volontaire, avant de conclure à la culpabilité de l'accusé, incarcéré depuis trois ans et cinq mois. La peine de 20 ans est inférieure aux 25 ans requis par l'avocate générale ; l'accusé encourrait jusqu'à 30 ans.
Une fusillade à treize tirs, un seul prévenu dans le box
Le soir du drame, plusieurs tireurs — entre trois et quatre selon les éléments versés au dossier — ont ouvert le feu en direction de la victime. Treize tirs ont été recensés ; deux ont atteint Ludrick Morentin et l'un d'eux, reçu en pleine poitrine, lui a été fatal. Achille Bougouneau a constamment nié être l'auteur des coups de feu.
L'avocate des parties civiles, Maître Gladys Democrite, et l'avocate de la défense, Maître Lorenza Bourjac, ont affirmé de concert que la condamnation était tombée de manière arbitraire sur l'accusé, afin d'éviter une reprise de la procédure.
« La justice a parlé avec beaucoup de mépris »
Maître Democrite a qualifié le procès de « procès de dupes » et estimé que le condamné n'est pas le meurtrier — une conviction partagée par les proches de Ludrick Morentin. Dans une déclaration rapportée par rci.fm, la famille de la victime a dénoncé le traitement réservé à Morentin dès la nuit du drame :
> « La justice a parlé. Elle a parlé, nous semble-t-il, avec beaucoup de mépris, comme tout au long de ce dossier. Moi, je sais que dès le départ, les forces de l'ordre et tous ceux qui représentent la justice ont manqué de respect à Ludrick Morentin. Il est mort à 3h15 du matin et on a retiré son corps sur les lieux du crime qu'à 7h30, on l'a laissé là, sa dépouille mortelle, pendant près de quatre heures, sans même mettre un drap sur lui. »
La famille a ajouté que des éléments auraient été fabriqués au fil de l'enquête, et que le condamné ne correspond pas, selon elle, à l'auteur réel des faits.
La défense évoque un dossier « vide » et envisage un pourvoi en cassation
Maître Bourjac, qui suit le dossier depuis la mise en examen de son client, a exprimé sa conviction d'une innocence jamais démentie par l'accusé. Elle a annoncé un appel, voire un pourvoi en cassation :
> « Condamner un homme à 20 ans, ne serait-ce que le principe même de la condamnation sur un dossier aussi vide, m'interpelle. Je préfère croire que c'est moi qui n'ai pas su plaider correctement. Parce que si c'est le contraire, c'est-à-dire que si on a condamné alors qu'on savait pertinemment qu'un dossier était vide, pour moi, c'est extrêmement grave. »
L'avocate a également évoqué l'état moral de son client, parti à l'audience avec l'espoir d'un acquittement et qui repart avec vingt ans de réclusion.
Un réexamen possible d'ici un an
L'affaire pourrait être réexaminée dans un délai d'environ un an devant la cour d'assises statuant en appel. Le verdict met provisoirement un terme au jugement d'une fusillade collective dans laquelle un seul accusé a comparu, alors que plusieurs tireurs étaient impliqués selon les pièces du dossier.
Source: Google News GP — Crime