Crise de l'eau en Guadeloupe : une information judiciaire ouverte à Paris, plus de 250 plaignants
Une information judiciaire a été ouverte au pôle santé publique du tribunal de Paris dans le dossier de la crise de l'eau potable en Guadeloupe, avec plusieurs juges d'instruction désignés.

Crise de l'eau potable en Guadeloupe : le dossier transmis au pôle santé publique du tribunal de Paris
Une information judiciaire a été ouverte au pôle santé publique du tribunal judiciaire de Paris dans le dossier de la crise de l'eau potable en Guadeloupe, annonce franceinfo.fr. L'association Notre Affaire à Tous a rendu publique cette avancée judiciaire jeudi dans un communiqué, faisant suite au recours citoyen connu sous le nom de « La Goutte d'eau ». Plusieurs juges d'instruction ont d'ores et déjà été désignés, et des avis ont été adressés aux victimes afin qu'elles puissent se constituer parties civiles.
Plus de 250 plaignants mobilisés depuis trois ans
Le collectif La Goutte d'eau regroupe plus de 250 plaignants, aux côtés de plusieurs associations : Kimbé Rèd FWI (French West Indies), la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et Notre Affaire à Tous (NAAT). Ce collectif se mobilise depuis plus de trois ans pour, selon le communiqué, « faire la lumière tant sur les coupures d'eau que sur les pollutions persistantes, notamment au chlordécone, qui affectent l'ensemble du territoire ».
L'association Notre Affaire à Tous avait publié en juin dernier un rapport dénonçant les discriminations dans l'accès à l'eau en Outre-mer. Elle indique désormais avoir l'intention de se constituer partie civile dans le cadre de l'information judiciaire. « Notre Affaire à Tous entend se constituer partie civile dans le cadre de l'information judiciaire », a précisé Me Claire Deniau, l'une des avocates de l'association, à l'Agence Radio France.
« Une avancée majeure » selon les plaignants
Me Emmanuel Daoud, avocat du collectif, a souligné dans le communiqué que « le transfert du dossier au pôle de santé publique près du tribunal judiciaire de Paris va permettre de mobiliser les moyens d'investigation nécessaires et à la hauteur des enjeux de ce dossier pénal ».
Notre Affaire à Tous qualifie cette décision d'« avancée majeure pour les habitantes et habitants de Guadeloupe mobilisés depuis plus de trois ans pour obtenir la vérité sur l'accès à l'eau potable et sur sa qualité ». Le communiqué précise que toute personne concernée par la crise de l'eau en Guadeloupe peut désormais se constituer partie civile, « pour faire reconnaître sa qualité de victime, demander réparation et indemnisation de ses préjudices et participer à la recherche de la vérité et des responsabilités ».
Alertes répétées des Nations Unies ignorées
Depuis 2021, « plus de 70 experts des Nations Unies ont alerté une dizaine de fois la France sur les atteintes graves au droit à l'eau potable en Guadeloupe, appelant à des mesures d'urgence, à la justice et à des réparations pour les victimes », indique le communiqué de l'association.
Source: Google News GP — Crime