Deux gendarmes du GIGN grièvement blessés par balles aux Abymes, quatre arrestations

Deux militaires de l'antenne du GIGN de Pointe-à-Pitre ont été blessés par balles samedi soir aux Abymes. Quatre suspects ont été interpellés.

Deux gendarmes du GIGN grièvement blessés par balles aux Abymes, quatre arrestations

Tirs sur des gendarmes du GIGN aux Abymes : deux blessés graves, quatre suspects arrêtés

Deux militaires de l'antenne du Groupe d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) de Pointe-à-Pitre ont été grièvement atteints par balles samedi 10 octobre, lors d'une opération judiciaire aux Abymes, en Guadeloupe. Quatre suspects ont été interpellés, selon le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Le pronostic vital des deux gendarmes n'est pas engagé, indique la1ere.franceinfo.fr.

Les faits se sont produits vers 19h40, heure locale. D'après une source proche du dossier, les gendarmes suivaient un groupe soupçonné d'être impliqué dans plusieurs braquages, recherché notamment pour le vol d'un commerce. Au moment de procéder à l'interpellation, les suspects auraient immédiatement ouvert le feu.

L'un des militaires a reçu une balle au bras. L'autre a été touché à une jambe, avec une fracture du fémur suspectée, toujours selon une source proche du dossier. Leur pronostic vital n'est pas engagé, a confirmé une source au sein de la gendarmerie.

Nuñez : « On ne lâchera rien face à la criminalité organisée »

Laurent Nuñez a annoncé les quatre interpellations dans un message publié sur le réseau social X, précisant que des opérations étaient encore en cours au moment de sa prise de parole. « S'en prendre à nos forces de l'ordre est intolérable », a-t-il écrit, ajoutant : « Nous ne lâcherons rien face à la criminalité organisée et à la violence des gangs. »

L'opération a mobilisé d'importants moyens : trois pelotons d'intervention d'escadron de gendarmerie mobile, un peloton d'intervention de la Garde républicaine, un hélicoptère de la section aérienne de gendarmerie de Pointe-à-Pitre, la cellule d'identification criminelle de Guadeloupe et une équipe cynophile.

Trois tirs sur les forces de l'ordre en huit jours

Le général Christophe Perret, commandant de la gendarmerie de Guadeloupe, a alerté sur une série d'incidents : trois ouvertures de feu contre des forces de l'ordre ont été recensées en huit jours — deux contre des gendarmes, une contre des policiers. Dans chacun des cas, les tirs sont intervenus au moment d'une interpellation ou juste après. « On sait que ça peut être au péril de notre vie, mais on n'est pas là pour perdre nos vies non plus. On ne touche pas impunément aux forces de l'ordre », a-t-il déclaré.

Deux jours avant les faits du samedi, dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 octobre, des policiers avaient essuyé des tirs en plein centre-ville de Pointe-à-Pitre. Vers 00h45, ils avaient interpellé un braqueur présumé après des échanges de coups de feu ; leur véhicule avait été criblé de balles, sans faire de blessé. Trois autres suspects restaient alors recherchés. Ces événements s'inscrivaient dans le cadre d'une enquête sur des individus soupçonnés d'avoir agressé deux personnes âgées à Trois-Rivières le mercredi 7 octobre, lors d'un vol à l'arraché de bijoux.

Le procureur général évoque des tentatives de meurtre

Éric Maurel, procureur général près la cour d'appel de Basse-Terre, a fait état dans un communiqué de sa « vive préoccupation face à l'aggravation et à la répétition de ces comportements criminels ». Il rappelle que des gendarmes et des policiers ont été victimes de tirs par arme à feu dans trois circonstances distinctes en Guadeloupe au cours des dernières semaines. Ces faits sont susceptibles de constituer des tentatives de meurtre sur des dépositaires de l'autorité publique — des crimes passibles de la réclusion criminelle à perpétuité. « Le procureur général exprime sa très vive émotion et adresse son soutien aux militaires de la gendarmerie, aux fonctionnaires de police et à leurs familles », précise le communiqué.

Le préfet de la Guadeloupe, Thierry Devimeux, a lui aussi exprimé son soutien aux deux gendarmes blessés dans un communiqué publié dimanche, dénonçant une recrudescence des violences armées visant les forces de sécurité.

Un syndicat policier interpelle les élus

Face à cette succession de violences, le syndicat Alliance Police Nationale Guadeloupe – Saint-Martin a adressé une lettre ouverte aux élus du territoire. L'organisation demande qu'un état des lieux précis de la criminalité soit établi à partir de données officielles portant sur les homicides, les tentatives d'homicide, les violences par arme à feu et les agressions contre les policiers.

Le syndicat réclame également une évaluation des besoins opérationnels de la Police nationale en matière d'effectifs et de moyens, ainsi qu'un renforcement de la lutte contre les violences armées et les réseaux criminels. « En Guadeloupe, les homicides, les violences armées et les agressions graves nous rappellent régulièrement combien la sécurité demeure un enjeu essentiel pour notre territoire. Derrière ces faits, il y a des victimes, des familles éprouvées, des habitants inquiets et des fonctionnaires de police confrontés à des situations d'intervention particulièrement difficiles », écrit l'organisation.

Alliance Police Nationale plaide enfin pour une réunion de travail entre élus, représentants de l'État et services compétents, afin d'identifier des pistes d'action concrètes face à l'escalade des violences armées en Guadeloupe.

Source: Google News GP — Crime

Read this article in English