Guadeloupe : deux fusillades contre des forces de l'ordre, cinq mis en examen
Deux groupes de braqueurs ont ouvert le feu sur des policiers et gendarmes en Guadeloupe fin de semaine dernière. Cinq suspects sont mis en examen, dont deux gendarmes blessés par balles.

Tirs sur les forces de l'ordre en Guadeloupe : le point sur deux affaires d'une gravité exceptionnelle
La procureure de la République de Pointe-à-Pitre, Caroline Calbo, a tenu une conférence de presse mercredi 14 octobre 2026, accompagnée du directeur territorial de la police nationale et du commandant de la gendarmerie de Guadeloupe, pour faire le point sur deux fusillades survenues en fin de semaine dernière. Selon la1ere.franceinfo.fr, les deux affaires sont qualifiées de « quasiment inédites » par les autorités.
« Ces deux affaires dénotent quand même d'une évolution assez caractéristique, qui nous inquiète, de l'intensité de la violence », a déclaré la magistrate.
Première fusillade : une embuscade tendue à des policiers à Pointe-à-Pitre
Dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 octobre, vers 00h45, deux équipages de la Brigade de surveillance de terrain (BST) ont repéré un véhicule suspect dans le centre-ville de Pointe-à-Pitre. Les quatre hommes à bord étaient soupçonnés d'être impliqués dans plusieurs vols commis à Sainte-Anne, Trois-Rivières et au Gosier entre le 24 septembre et le 9 octobre.
Conscients d'être filés, deux membres du groupe sont descendus du véhicule à un coin de rue et ont tendu une embuscade aux policiers. Ils ont ouvert le feu avec un fusil d'assaut de type AR15. Quatorze impacts de balle ont été relevés sur le pare-brise de la voiture de police. Aucun agent n'a été blessé.
« On a affaire à des délinquants ultra-violents qui décident de faire feu, avec des armes de guerre, sur des policiers qui, certes, sont protégés. Mais ce n'est pas furtivement, fortuitement, que cet échange de coups de feu a lieu. C'est parce qu'il y a une volonté délibérée de faire feu sur des forces de sécurité intérieure », a souligné la procureure.
Un homme a été interpellé sur place : un ressortissant dominiquais de 44 ans, déjà condamné pour des faits antérieurs. Il a été mis en examen pour vols à mains armées, tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique et détention d'armes de catégorie A et B, puis placé en détention provisoire. Ses trois complices sont activement recherchés.
Deuxième fusillade : deux gendarmes du GIGN blessés aux Abymes
Le samedi 10 octobre, vers 19h40, dans le secteur de Belle Plaine aux Abymes, un second groupe de quatre individus — un mineur de 16 ans et trois jeunes majeurs d'une vingtaine d'années, de nationalités dominiquaise, haïtienne et française, dont deux déjà condamnés pour vols aggravés — était pris en chasse par des militaires du Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN). Le groupe venait de commettre un vol de bijoux en or à main armée.
À l'arrêt des véhicules, les malfaiteurs ont ouvert le feu depuis l'intérieur de leur voiture, à seize reprises. Deux gendarmes, les premiers à être sortis de leur véhicule de fonction, ont été atteints par des balles : l'un à la jambe, l'autre au bras. Leur pronostic vital n'est pas engagé.
« Les malfaiteurs, voyant les armes du GIGN, se rendent. Les militaires ont eu ce sang-froid de ne pas riposter à cette ouverture de feu qui est intense et qui a duré quelques secondes. Dès qu'ils voient les mains levées des malfaiteurs, ils les extraient un par un du véhicule », a rapporté la procureure.
Les quatre mis en cause ont été placés en garde à vue puis mis en examen mercredi pour vols à main armée, tentatives de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique et détention d'armes de catégorie A. Le parquet a demandé leur placement en détention provisoire ; l'instruction est en cours.
Un contexte de violence croissante contre les forces de l'ordre
Ces deux affaires s'inscrivent dans une série d'incidents préoccupants. En mars dernier, un militaire du Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (PSIG) de Saint-Claude avait été blessé au bras lors d'une fusillade. La semaine dernière, des tirs ont également été dirigés contre des gendarmes à Sainte-Anne, sans faire de blessé — des faits attribués au premier groupe présenté dans cet article.
Pour faire face à des malfaiteurs mobiles qui sillonnent plusieurs communes, police, gendarmerie et douane ont renforcé leur coordination.
« On échange en direct, sur les enquêtes entre police judiciaire et section de recherche, on échange sur les évènements tout au long de la nuit dès lors que nous avons un véhicule qui est signalé », a précisé un responsable des forces de l'ordre présent à la conférence de presse.
La tolérance zéro affichée par les autorités judiciaires et sécuritaires face à ces actes marque une réponse ferme à ce que la procureure Calbo qualifie d'escalade inédite dans l'intensité de la violence en Guadeloupe.
Source: Google News GP — Crime