L'Italie échappe à l'épidémie de fentanyl en Europe occidentale
Alors que le fentanyl fait des ravages en Amérique du Nord et gagne l'Europe, l'Italie demeure largement épargné. Selon le journaliste Roberto Saviano, les mafias locales agiraient comme un garde-fou.

L'Italie résiste à la vague de fentanyl
Selon Le Figaro, la péninsule italienne reste à ce jour largement protégée de la déferlante de fentanyl qui ravage l'Amérique du Nord et gagne progressivement l'Europe. Cet opioïde de synthèse, jusqu'à 50 fois plus puissant que l'héroïne, a déjà causé des milliers de décès en Amérique du Nord mais peine à s'implanter en Italie.
À l'été, une rumeur circulait dans le quartier populaire de Tor Sapienza, à l'est de Rome : le fentanyl aurait fait son apparition dans cette zone déjà rongée par les trafics. Des images circulaient de personnes désorientées dans les rues. Les habitants restaient convaincus que la drogue avait enfin franchi l'Atlantique.
Vendredi, le préfet de Rome Lamberto Giannini a démenti catégoriquement. Au cours des nombreuses opérations des forces de l'ordre, les saisies ont porté sur de la cocaïne, du crack, du haschich, de la marijuana et occasionnellement de l'héroïne, « mais jamais de fentanyl ». Le nombre de saisies effectuées est désormais si important que toute présence significative du produit aurait été détectée.
Selon le journaliste d'investigation Roberto Saviano, auteur de l'enquête Gomorra sur les mafias napolitaines, cette imperméabilité relative relève d'un paradoxe : ce sont précisément les organisations criminelles établies qui protègent la péninsule. Ces structures mafieuses, contrairement aux trafiquants externes, contrôlent le marché de la drogue depuis des décennies et maintiennent une certaine stabilité commercial — un ordre criminel qui exclut les nouveaux produits susceptibles de déstabiliser leurs réseaux.
Source: Le Figaro