Procès pour viol à Luxembourg : un oncle nie les accusations de sa nièce, 8 ans requis
Un homme de 51 ans comparaît devant la 12e chambre criminelle de Luxembourg, accusé de viols et attentats à la pudeur sur sa nièce entre ses 13 et 15 ans. Le parquet requiert 8 ans de prison ; le verdict est attendu le 29 octobre.

Un homme de 51 ans face aux accusations de viol de sa nièce devant la justice luxembourgeoise
Selon Le Quotidien, c'est en décembre 2021 qu'une jeune femme, Sabrina, dépose plainte contre son oncle Mario auprès de la police luxembourgeoise. Le déclencheur : voir sa propre fille assise sur les genoux de cet homme. Ce geste a suffi pour que tout remonte à la surface. Sabrina dit s'être tue pendant une dizaine d'années par crainte de ne pas être crue par ses proches. «J'avais honte, ma famille me connaissait comme une guerrière. (…) J'avais juste téléphoné à ma maman pour lui demander de me tirer de là.»
Les faits allégués : deux semaines sous le même toit
Mario, 51 ans, ne comprend pas pourquoi sa nièce, aujourd'hui âgée de 31 ans, l'accuse de viols et d'attentats à la pudeur commis alors qu'elle avait entre 13 et 15 ans. À l'époque, la jeune femme avait séjourné pendant deux semaines chez ses grands-parents, au même domicile que son oncle. Selon l'accusation, Mario aurait commis des attouchements à deux reprises et l'aurait pénétrée à deux reprises également. Sabrina ne parvient plus à situer les faits avec une précision absolue dans le temps.
À la barre de la 12e chambre criminelle du tribunal d'arrondissement de Luxembourg, le prévenu conteste les accusations en bloc. «Je n'ai rien fait», déclare-t-il. Il n'en dira pas davantage.
La défense plaide l'acquittement faute de preuves
Son avocat, Me Kreutz, plaide en faveur de l'acquittement de son client. Il invoque l'absence d'«éléments objectifs contemporains» des faits allégués et le «dépérissement des preuves» au fil des années. La crédibilité de Sabrina est par ailleurs mise à mal par la défense : la jeune femme a omis de se soumettre à l'expertise de crédibilité, un examen pourtant déterminant dans ce type de dossier.
Me Kreutz s'appuie sur cette lacune : «Mario n'a jamais commis une quelconque agression sexuelle de toute sa vie.» L'expertise psychiatrique du prévenu n'aurait en outre révélé aucune tendance pédophile ni aucune déviance sexuelle. L'avocat souligne également que l'absence d'expertise prive la chambre criminelle d'un élément d'instruction qui aurait pu l'aider à apprécier «les déclarations litigieuses». Il dénonce un non-respect des droits de la défense, qui n'est pas en mesure de se positionner face à des accusations imprécises dans le temps. Il demande au tribunal d'accorder le bénéfice du doute à son client.
Le parquet convaincu de la culpabilité du prévenu
La représentante du ministère public est d'un avis opposé. «La vérité est vérifiée par le dossier», estime-t-elle. Selon elle, «la parole de Sabrina est restée constante» tout au long de l'enquête, et ses déclarations sont cohérentes avec les confidences faites à une coach de vie avant le dépôt de plainte. La parquetière considère que le prévenu est coupable des faits reprochés, avec la circonstance aggravante d'être l'oncle de la victime. Elle requiert une peine de 8 ans d'emprisonnement. «Il lui a pris son innocence», dit-elle, et il ne montrerait pas de repentir sincère.
Sabrina accuse également Mario d'avoir commis des abus sexuels sur sa propre fille. Celle-ci, toutefois, n'a pas souhaité incriminer son père, malgré des confidences livrées à son psychiatre, selon l'enquêteur de police et la parquetière.
Le témoignage de Sabrina
La jeune femme a décrit les circonstances des faits devant la chambre criminelle. La première fois, «mon oncle a profité que j'étais seule avec lui dans la cuisine. Il est arrivé par derrière et s'est frotté contre moi avant de me toucher la poitrine et l'entrejambe par dessus mes vêtements. (…) Je voulais me défendre, mais j'étais tétanisée.» Pour les viols, «il me poussait dans sa chambre à coucher, sur le lit, et me déshabillait…» en lui tenant les poignets. «Je n'avais pas la force de me libérer. Je voulais crier, mais rien ne sortait.»
Interrogée par le président de la chambre criminelle sur les raisons pour lesquelles elle était «retournée» auprès de son oncle, Sabrina a répondu : «Je pensais que mon oncle avait une conscience, qu'il réaliserait que ce qu'il avait fait n'était pas bien et qu'il ne recommencerait pas.»
Le prononcé du jugement est fixé au 29 octobre.
Source: Le Quotidien