Apologie du terrorisme sur Facebook : un résident de Sainte-Luce condamné à 8 mois ferme et expulsé de Martinique

Patrick M. a été condamné à 12 mois de prison, dont 8 ferme, pour apologie du terrorisme après des publications sur Facebook. Il est également interdit de séjour en Martinique pendant trois ans.

Apologie du terrorisme sur Facebook : un résident de Sainte-Luce condamné à 8 mois ferme et expulsé de Martinique

Douze mois de prison et interdiction de territoire pour des posts Facebook jugés terroristes

Patrick M., résident de Sainte-Luce, a été condamné à 12 mois de prison, dont 8 mois ferme, pour « apologie du terrorisme », rapporte la1ere.franceinfo.fr. Le tribunal a prononcé en parallèle une interdiction de séjour en Martinique pendant trois ans, dix ans d'inéligibilité, dix ans de privation des droits civiques et un suivi socio-judiciaire de trois ans. Une obligation de soins et une interdiction d'utiliser les réseaux sociaux pendant six mois complètent la peine.

Les huit mois ferme pourraient toutefois faire l'objet d'un aménagement sous bracelet électronique, la décision revenant au juge de l'application des peines.

Des publications sur Facebook après l'attaque de Trappes

Les faits remontent à une attaque survenue à Trappes, dans les Yvelines, le 23 octobre, qui avait coûté la vie à une personne et blessé cinq autres. Dans les heures suivantes, Patrick M. avait publié sur Facebook : « Il faudrait plus de Kévin » et « C'est bien, le grand nettoyage va commencer ».

Ces messages avaient provoqué une vive indignation à Sainte-Luce. Des habitants s'étaient rassemblés devant son domicile, et des élus locaux avaient publiquement réagi.

La portée des réseaux sociaux au cœur du jugement

Maître Max Bellemare, avocat de l'une des parties civiles, a souligné le sens de cette décision à l'issue de l'audience : « Il faut comprendre qu'il a été condamné à de la prison, certes avec une partie avec sursis, à une interdiction de territoire martiniquais et à des peines accessoires comme l'inéligibilité. »

Pour lui, la diffusion de tels propos sur les réseaux sociaux en décuple la gravité : « Lorsqu'on l'écrit pour que ce soit lu par des milliers de personnes de par le monde, puisqu'il le met sur les réseaux sociaux, ça devient très, très grave. »

Maître Bellemare a également rejeté l'argument de la défense invoquant le mariage de Patrick M. avec un homme noir comme preuve de l'absence de racisme, estimant que les relations personnelles ne suffisent pas à écarter des idées racistes.

La défense invoque l'influence de l'extrême droite

Maître Camille Célénice, avocat de Patrick M., s'est dit insatisfait du verdict. Selon lui, son client aurait été influencé par le climat politique et les discours de l'extrême droite française : « Non, je ne suis pas satisfait. Ce n'est pas mal, mais en réalité, je pense qu'on s'est trompé sur ce monsieur. Il a été trompé par d'autres personnes, par l'ambiance qui règne avec l'extrême droite française. Lui, il parlait de casseur. Il ne parlait pas de race. Il parlait de casseur, de pilleur, etc. »

Pour étayer sa défense, Maître Célénice a évoqué le mariage de son client avec un « Cubain noir » ainsi que son appartenance à la « minorité homosexuelle », des éléments qu'il juge incompatibles avec les accusations de racisme. Il a également insisté sur l'ancienneté de l'installation de l'intéressé dans l'île : « C'est quelqu'un qui était en Martinique depuis 14 ans, qui n'a jamais eu de problème avec personne en Martinique. »

L'avocat a conclu en affirmant que son client regrette ses publications : « Il a gâché sa vie par des propos qu'il n'a pas réalisés », qualifiant lui-même leur contenu d'« inqualifiable ».

Un signal contre la haine en ligne

Pour Maître Bellemare, cette condamnation doit rappeler les limites de la liberté d'expression : « Le signal, c'est de dire qu'on ne laisse rien passer. » Il a appelé à une réaction ferme face à la diffusion de propos haineux, en particulier dans le contexte de la « montée de l'extrême droite » : « Il y a la liberté d'expression, mais il y a une limite à la liberté d'expression, on ne peut pas se permettre de tout dire. »

Patrick M. dispose d'un délai de dix jours pour faire appel.

Source: Google News MQ — Crime

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