Père d'Écaussinnes jugé pour viol sur sa fille : « crédible ne veut pas dire vrai »

Un père d'Écaussinnes est jugé au tribunal correctionnel de Mons pour viol sur sa fille. La pédopsychiatre rappelle qu'un témoignage crédible n'équivaut pas à une preuve.

Père d'Écaussinnes jugé pour viol sur sa fille : « crédible ne veut pas dire vrai »

Procès à Mons : un père soupçonné de viol sur sa fille, la pédopsychiatre nuance la portée du témoignage

Un père originaire d'Écaussinnes comparaît devant le tribunal correctionnel de Mons, soupçonné d'avoir violé sa fille alors que celle-ci était encore en bas âge. L'affaire, rapportée par DHnet, repose sur un faisceau d'éléments médicaux et de déclarations de l'enfant — mais aussi sur des incertitudes que l'expert mandaté par le tribunal a tenu à souligner avec force.

À l'origine des poursuites : la découverte d'une maladie sexuellement transmissible chez la fillette en décembre 2021, le père étant porteur de la même infection. Pour les experts médicaux, une telle contamination implique un contact sexuel.

Novembre 2021 : les premiers signaux

Les faits remontent au mois de novembre 2021. Un soir, le père transmet à la mère une photographie montrant des traces de sang sur la culotte de leur fille, affirmant ne pas en connaître l'origine. Un pédiatre consulté le lendemain évoque une infection urinaire et prescrit des antibiotiques.

Les saignements réapparaissent le 25 novembre. Le 1er décembre, la mère récupère l'enfant et consulte son médecin. Le 6 décembre, les analyses confirment la présence d'une maladie sexuellement transmissible. Quatre jours plus tard, le père apprend qu'il est porteur de la même infection — ce qui le place au centre des soupçons.

Les déclarations de la fillette

La fillette a été entendue à deux reprises. Lors de la première audition, elle n'a rien révélé. Lors de la seconde, elle a décrit des gestes que son père aurait commis sur sa vulve, avec un vocabulaire anatomique précis qui a interpellé les enquêteurs. La mère, qui travaille dans le milieu médical, a indiqué lui avoir elle-même enseigné ces termes exacts.

Le parquet relève également des confidences que le père aurait faites à une amie entre le 6 et le 10 décembre, dans lesquelles il évoquait une possible contamination accidentelle. La défense conteste les conclusions des experts et insiste sur les zones d'ombre du dossier.

« Crédible ne veut pas dire vrai »

Avant de statuer, le tribunal a entendu la pédopsychiatre qui a rencontré l'enfant. Son intervention s'est révélée centrale dans les débats, tant la crédibilité des déclarations de la fillette constitue un enjeu majeur de ce procès.

L'experte a rappelé une distinction fondamentale : « Crédible ne veut pas dire vrai. » Un récit peut présenter toutes les caractéristiques d'un témoignage crédible sans que cela permette d'affirmer avec certitude que les faits rapportés se sont réellement produits.

Elle a également relevé l'évolution des déclarations de l'enfant au fil du temps. « Plus on l'entend, plus ça devient flou. En quatre ans, l'enfant change. Il y a des éléments extérieurs. Peut-être une lassitude aussi. Cette petite est beaucoup dans l'évitement », a-t-elle expliqué. La pédopsychiatre a par ailleurs noté que la fillette n'a pas mentionné certains détails précis pourtant rapportés par sa mère.

Ces observations ne permettent pas d'affirmer que l'enfant ment ou que les faits sont imaginaires. Elles rappellent cependant que la crédibilité d'un témoignage ne constitue pas à elle seule une preuve de culpabilité.

Le tribunal tranchera le 16 novembre

Le père, qui conteste les accusations, encourt cinq ans d'emprisonnement. Le dossier sera à nouveau débattu le 16 novembre prochain. En attendant le jugement, la présomption d'innocence demeure entière.

Source: DHnet

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