Ancienne djihadiste Vanessa B. condamnée à 11 ans de prison
La cour d'assises spéciale de Paris a condamné vendredi une ex-radicalisée à 11 ans de réclusion pour avoir rejoint l'État islamique en Syrie avec ses deux enfants.

Une femme jugée pour adhésion à Daesh
Selon BFM TV, Vanessa B., 38 ans originaire de la région lyonnaise, a été condamnée vendredi 23 octobre à onze ans de réclusion criminelle. La cour d'assises spéciale de Paris a reconnu coupable cette ancienne islamiste radicale d'avoir rejoint en 2013 les zones contrôlées par l'État islamique en Syrie, accompagnée de ses deux enfants alors âgés de 2 et 5 ans.
La cour l'a également jugée pour tentative de meurtre sur son conjoint, le jihadiste nîmois Mohamed Skalab, blessé par tir de fusil à pompe en 2014 à Raqqa. Le président de la cour a indiqué que l'accusée avait été victime de violences conjugales particulièrement intenses, circonstance qui a influencé la détermination de la peine. Bien qu'un acquittement sur ce chef fût jugé « juridiquement impossible », cette tentative de meurtre a été « laissée un peu à l'écart » dans le calcul de la condamnation.
Vanessa B. a également été reconnu coupable d'association de malfaiteurs terroriste criminelle et de mise en danger de ses enfants. Le tribunal a pris en compte son enfance marquée par des placements dès l'âge de 6 mois et des violences répétées, y compris sexuelles, rencontrées au cours de sa vie. Le magistrat a vu dans ce parcours une « clé de compréhension » de sa radicalisation ultérieure.
L'accusée a demeuré en Syrie jusqu'à la chute de l'État islamique en 2019, avant d'être rapatriée et incarcérée en octobre 2022. Lors des débats, elle a convaincu la cour d'avoir renoncé à tout radicalisme religieux et de ne plus présenter de dangerosité manifeste. Le tribunal a également valorisé « les efforts considérables » qu'elle a déployés depuis son retour et son emprisonnement.
Le fils aîné de Vanessa B., âgé de 17 ans, a témoigné du calvaire vécu en Syrie entre 2013 et 2022. Deux de ses filles, l'une partie avec elle et l'autre née sur place, ont été tuées dans un bombardement. Un autre enfant, un fils né en Syrie, a survécu. Le verdict ne prévoit pas de période de sûreté. Le parquet général avait requis seize ans de réclusion avec les deux-tiers de période de sûreté.
Source: BFM TV