Trafic de drogue à Toulouse : femmes voyageuses, nourrices et blanchisseuses en première ligne
À Toulouse et ailleurs en France, de plus en plus de femmes sont impliquées dans le trafic de stups, selon ladepeche.fr. Elles risquent jusqu'à dix ans de prison.

La féminisation du trafic de drogue : enquête sur des rôles qui se paient cher
Selon ladepeche.fr, à Toulouse comme dans le reste de la France, la part des femmes dans les réseaux de trafic de stupéfiants ne cesse de progresser. Voyageuses, livreuses, nourrices, blanchisseuses : quatre fonctions distinctes, toutes passibles de dix ans de prison — la peine maximale en matière délictuelle.
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La voyageuse : un alibi au volant
Tout commence, en apparence, par une excursion entre amies vers la Costa Brava. Deux jeunes femmes quittent Toulouse, parcourent plus de trois heures de route et stationnent à Lloret de Mar, station balnéaire espagnole située à 70 km au nord de Barcelone. Le programme annoncé : shopping et plage. La réalité est toute autre.
Les deux femmes, instruites par leurs employeurs de ne surtout pas oublier leur bikini, ont perçu 1 000 euros pour effectuer ce trajet. Sous les sièges de leur véhicule, des trappes aménagées dissimulaient de l'argent liquide. Pendant qu'elles profitaient de la plage, un tiers récupérait le cash et glissait en échange 8 kg de cocaïne dans le compartiment du réservoir. « Les voyageuses ne voyaient ni l'argent, ni la drogue. Elles étaient juste des 'alibis' au volant », résume un enquêteur.
Un spécialiste interrogé par ladepeche.fr l'explique : « À tort ou à raison, les trafiquants estiment que la police ou les douanes seront moins enclines à contrôler des femmes. » Un homme au volant d'un véhicule « ouveur » précède généralement le convoi pour repérer les forces de l'ordre. Derrière, de plus en plus de femmes assurent le transport. Et quand l'opération se répète tous les quinze jours, le gain devient substantiel.
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La livreuse : dix euros la course, six mois ferme
Au tribunal correctionnel de Toulouse, les affaires impliquant des femmes liées aux stupéfiants se multiplient. Début septembre, Margaux, 27 ans, casier vierge, a quitté le box en larmes après que le tribunal a prononcé son maintien en détention — six mois ferme.
Interpellée au volant à Toulouse avec un sac contenant du cannabis, de la cocaïne, de la MDMA et du LSD, elle vivait dans sa voiture et assurait entre cinq et dix livraisons par jour, rémunérées dix euros chacune, en répondant aux commandes passées via la messagerie chiffrée Telegram.
Son avocate, Me Océane Desboeufs, note l'évolution des profils : « Il y a dix ans, à sa place, on aurait eu des hommes jeunes, qui se prenaient pour des caïds. »
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La nourrice : stockage à domicile, risque maximum
Le rôle de « nourrice » désigne les femmes qui conservent la drogue — cannabis ou cocaïne — chez elles, dans leur appartement, en attendant la distribution. Ce sont, selon un magistrat cité par ladepeche.fr, « souvent des femmes vulnérables, des mères célibataires, en difficultés financières et sociales ».
On leur fait croire qu'elles ne risquent pas la prison. C'est faux. « On incarcère de plus en plus de filles pour du stup. Le quartier des femmes à Seysses est archi-plein. C'était loin d'être le cas il y a dix ans », précise le même magistrat. La maison d'arrêt de Seysses, en Haute-Garonne, ne dispose que de 35 cellules réservées aux femmes.
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La blanchisseuse : l'argent sale rendu présentable
Quatrième rôle identifié dans ces réseaux : le blanchiment. Des femmes — compagnes ou ex-compagnes de trafiquants — écoulent l'argent issu du trafic, directement ou indirectement. « Quand un trafiquant a des enfants, même s'il n'est plus en couple avec leur mère, il participe financièrement. Elles blanchissent l'argent sale », résume un enquêteur.
Les poursuites restent rares dans ce domaine, mais des signaux ont été envoyés. Mi-septembre, la femme de Mohamed Zerrouki, présenté comme le présumé chef du réseau du quartier des Izards à Toulouse, a été condamnée à trois ans de prison dont un ferme, aménagé sous bracelet électronique. Sa ligne de défense : les sacs Dior et les lunettes Yves Saint-Laurent avaient été financés grâce aux gains au poker.
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Une répression qui se durcit
Lorsque la qualification de bande organisée est retenue, les peines s'alourdissent. Dans les autres cas, les quatre rôles — voyageuse, livreuse, nourrice, blanchisseuse — exposent leur auteure à la même sanction : dix ans d'emprisonnement, soit le plafond en matière délictuelle.
À l'échelle nationale, les femmes représentent seulement 3 % des quelque 85 000 personnes détenues en France en 2025, tous crimes et délits confondus. Mais cette proportion, longtemps stable, est en train d'évoluer dans le domaine des stupéfiants — reflet d'une féminisation structurelle des réseaux, et d'une justice qui commence à en tenir compte.
Source: Google News MA — Crime (fr)