Blocages lycéens en France: 305 policiers blessés, ministère dénonce des violences urbaines

Un jour de blocages lycéens a fait 305 blessés parmi les forces de l'ordre en France. Le ministère de l'Intérieur y voit désormais des actes de délinquance organisée, non une protestation légitime.

Blocages lycéens en France: 305 policiers blessés, ministère dénonce des violences urbaines

Escalade des violences lors des blocages lycéens

Le ministère de l'Intérieur a dressé jeudi soir un bilan critique d'une nouvelle journée de mobilisation lycéenne, qui a laissé 305 policiers et gendarmes blessés. En vingt-quatre heures, ce chiffre a presque quadruplé par rapport à la veille, où 83 agents avaient été blessés. Les autorités ont enregistré 1 949 interpellations dans toute la France.

Le mouvement, lancé le 24 septembre via réseaux sociaux et messageries chiffrées, s'est déroulé dans plus de mille établissements scolaires, dont 222 ont été bloqués. Selon Actu17, des dégradations et incendies ont touché de nombreuses villes : Nice, Dijon, Besançon, Toulouse, Bordeaux, Montpellier, Rennes, Strasbourg et Rouen figurent parmi les sites affectés. À Nantes, le lycée Nelson-Mandela a brûlé jeudi matin vers 8 heures.

Ministère qualifie les incidents de violences urbaines

La place Beauvau a constaté une « aggravation de la situation » et estime qu'elle « n'a plus rien de l'expression légitime de revendications lycéennes mais présente désormais toutes les caractéristiques d'une situation de violences urbaines ». Le ministère pointe la présence d'« individus venus pour casser » et de « pilleurs d'opportunité », et énumère jets de mortiers, usage d'armes par destination contre les forces de l'ordre, dégradations de mobilier urbain, incendies de bâtiments publics et pillages de commerces.

À Coulommiers, un policier a été blessé à la main par un tir de mortier. À Marseille, un commissaire et un officier ont été brûlés après l'usage d'une bombe agricole. Un gendarme a été frappé aux jambes avec une barre de fer à Saint-Quay-Portrieux. À Issy-les-Moulineaux, un officier de gendarmerie a subi une agression par une foule hostile. À Gien, un militaire a été touché au visage par un tir de mortier.

Attaques contre les services de secours

Des sapeurs-pompiers ont également été pris pour cible. À Lormont, des individus les ont agressés au couteau. À Toulouse, cinq véhicules de police et gendarmerie ont été dégradés. Un camion de marins-pompiers a été pillé et incendié devant le lycée Saint-Exupéry à Marseille.

À Bordeaux, la façade de la mairie a été visée par une tentative d'incendie. La circulation des réseaux de transport a connu des interruptions temporaires à Nice, Marseille, La Rochelle et Orléans. Le ministère souligne que « partout sur le territoire, sur chaque site, des dizaines, voire des centaines d'individus cagoulés ont affronté les forces de l'ordre pendant plusieurs heures ».

Réaction du gouvernement et soutien politique

Le ministère « condamne avec la plus grande fermeté cette violence débridée, instrumentalisée en partie à des fins politiques par des élus de la République ». Plusieurs députés de La France insoumise ont apporté leur soutien au mouvement, bien que le communiqué officiel n'ait nommé aucun élu.

Une réunion de crise s'est tenue jeudi à 19 heures au ministère en présence des préfets de zone, des directeurs généraux de la police et de la gendarmerie nationales, du préfet de police et des responsables des services de renseignement.

Déploiement accru des forces de l'ordre

Le ministère a demandé aux préfets de mobiliser les unités de forces mobiles. Dans 48 départements, les protocoles de coordination opérationnelle renforcée (CORAT) ont été mis en œuvre, permettant des transferts de forces entre police et gendarmerie pour intervenir sur les rassemblements violents. Les 1 949 interpellations ont essentiellement porté sur des atteintes aux dépositaires de l'autorité publique, des attroupements et des violences.

La place Beauvau a donné instruction aux préfets de « mobiliser les unités de force mobile nécessaires au rétablissement de l'ordre républicain » et de recourir à « l'ensemble des outils de police administrative » pour prévenir les troubles. Le ministère salue l'engagement des forces de l'ordre, qui ont agi « avec réactivité, proportionnalité et discernement pour faire cesser les troubles et maintenir l'ordre public ».

Source: Actu17

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