Chef d'un réseau de passeurs syriens condamné à huit ans ferme à Épinal

Un Syrien de 36 ans a été condamné à huit ans de prison ferme à Épinal pour avoir dirigé une filière acheminant des centaines de migrants vers la France via la Guyane.

Huit ans de prison pour le dirigeant de «La Sultana Tours», réseau de passeurs syriens

Un Syrien de 36 ans a été condamné jeudi à huit ans de prison ferme par le tribunal correctionnel d'Épinal (Vosges), selon ce que rapporte Google News FR — Crime (fr). Il est reconnu coupable d'avoir organisé l'entrée irrégulière de centaines de migrants syriens en France métropolitaine via la Guyane française.

Basé à Épinal, le prévenu dirigeait une société nommée «La Sultana Tours», par l'intermédiaire de laquelle il proposait à des compatriotes de rejoindre la France contre une somme allant de 1 000 à 8 000 euros. Le parcours emprunté était structuré : les migrants, issus principalement de la communauté druze, transitaient d'abord par le Venezuela, puis par la Guyane française avant d'atteindre la métropole.

Les faits, poursuivis sous la qualification d'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier en bande organisée, couvrent la période de janvier 2021 à août 2025. Le prévenu encourait jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet et l'a condamné à huit ans ferme, assortis d'une amende de 400 000 euros et d'une interdiction définitive de séjour sur le territoire français.

L'enquête avait été déclenchée en octobre 2025 à la suite d'un renseignement transmis à l'Office de lutte contre le trafic illégal de migrants de Metz, signalant une filière opérant depuis Épinal. Les enquêteurs avaient notamment mis au jour des vidéos promotionnelles pour «La Sultana Tours» diffusées sur WhatsApp. Placé en garde à vue début juillet, le dirigeant avait été maintenu en détention provisoire jusqu'à l'audience.

À la barre, le prévenu a décrit son activité comme celle d'«un agent de voyage», affirmant être «un citoyen qui a essayé d'aider ses compatriotes». Assisté d'un interprète, il s'est excusé à plusieurs reprises, soutenant ignorer qu'il enfreignait la loi.

Selon le ministère public, représenté par Jean-Emmanuel Besset, il s'agit de «l'une des plus grandes, si ce n'est la plus grande filière d'immigration de Syriens en France». Le procureur a précisé que l'homme aurait fait transiter entre 400 et 500 migrants entre 2021 et 2025, représentant «entre 10 et 15 % de l'immigration en France» sur cette période. Plusieurs candidats à l'exil entendus au cours de l'enquête ont confirmé avoir eu recours à ce réseau.

L'homme, en situation régulière en France, avait vécu au Venezuela depuis ses 21 ans pour y étudier le droit, puis au Brésil, avant de s'installer à Épinal pour rejoindre son épouse.

Source: Google News FR — Crime (fr)

Read this article in English