Eddie Goujit, 19 ans : faux élu, faux directeur de camping, de retour en prison
Eddie Goujit, 19 ans, déjà mis en examen pour escroqueries dans le Var, a été réincarcéré le 20 août après de nouvelles arnaques en Ardèche, dont de faux contrats de travail.
Eddie Goujit, 19 ans : serial escroc présumé de retour en détention après de nouvelles arnaques
Un jeune homme de 19 ans, Eddie Goujit, a été réincarcéré le 20 août dernier après avoir été arrêté en Ardèche pour de nouveaux faits d'escroquerie, rapporte BFM TV. Déjà mis en examen depuis 2025 pour « usurpation de titres », « faux et usage de faux » et « escroqueries » dans le Var, il est cette fois soupçonné d'avoir fait signer de faux contrats d'embauche à au moins deux personnes.
Un recrutement fictif en Ardèche
C'est lors d'un été en Ardèche que Logann, saisonnier, croise la route d'un animateur de camping qui se présente sous le nom d'Alexandre de Bernard, dit « Alex ». Le courant passe vite entre les deux hommes. « Le feeling est bien passé, on a sympathisé », confie Logann à BFM TV. Quelques jours après leur première rencontre, Alex lui propose un poste d'encadrant pour la saison : il s'apprêterait, dit-il, à reprendre la direction d'un camping appartenant à son grand-père à Hyères, dans le Var. « En une semaine, il m'a fait signer un contrat. »
Logann commence néanmoins à douter. « Je me disais que c'était quand même bizarre qu'il reprenne, si jeune, un camping. Quand on y repense, c'était gros. Mais plus c'est gros, plus ça passe. » Prudent, il contacte le camping varois en question. La directrice — car c'est bien une femme qui le dirige — lui confirme qu'elle ne connaît aucun Alexandre de Bernard et qu'elle n'a jamais eu l'intention de céder son établissement.
Le 18 août, Logann apprend l'arrestation d'« Alex » à la suite d'une plainte déposée contre lui. Il découvre alors sa véritable identité : Eddie Goujit, 19 ans, déjà au cœur de multiples procédures judiciaires.
Un pedigree judiciaire déjà lourd à 19 ans
Par le passé, Eddie Goujit avait été mis en examen pour « faux et usage de faux », « usurpation de titres », « tentatives d'escroquerie », « escroqueries » et « vols ». Placé un temps en détention provisoire, il avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire dans l'attente d'un éventuel procès. Les nouvelles plaintes déposées à son encontre l'ont conduit à retourner en détention le 20 août.
Bruno Solari, organisateur du concours Miss et Mister Elegance, qui l'avait rencontré deux ans auparavant, ne cache pas son amertume. « Vous me dites qu'il a récidivé dans un camping, et qu'il est de nouveau en prison ? », articule-t-il avant d'éclater d'un rire amer. « Je le savais, je le savais. J'avais même donné un nom à ce monsieur : le nouveau Rocancourt. J'avais dit à la justice que tant qu'il ne serait pas en taule, il n'arrêterait pas. »
Faux élu, fausse subvention : l'arnaque cannoise
En avril 2024, lors d'une édition de Cannes Séries sur la Croisette, Eddie Goujit aborde Bruno Solari et son équipe. Il se présente comme un élu de la région PACA, écharpe tricolore en bandoulière. Il évoque un projet de concours de beauté financé par la région et promet de le recontacter.
Six mois plus tard, il rappelle Bruno Solari et lui propose un contrat pour devenir l'un de ses conseillers dans le cadre d'une candidature aux élections municipales à Toulon. Il lui envoie une promesse d'embauche par mail, avec le logo de la Région en en-tête.
En février 2025, lors de la finale du concours de Bruno Solari, Eddie Goujit fait une entrée remarquée. Sous le regard d'autres élus présents dans la salle, il remet à l'organisateur un immense chèque cartonné de 175 000 euros au nom de la Région, accompagné d'une médaille de l'Ordre du mérite. « Quand on a en face de soi des élus de la République qui laissent défiler le film et qui n'interviennent pas, on se met à chialer en se disant : mais c'est bien vrai, quoi », commente Bruno Solari.
Quelques jours plus tard, il apprend que le chèque est faux, la médaille également, et que le contrat promis au nom de la Région PACA ne vaut rien. « Quand il parlait, quand il se présentait, il avait le vocabulaire, la prestance. On voyait qu'il maîtrisait son sujet », se souvient la victime.
Renvoyé du Parlement régional de la jeunesse à 17 ans
Eddie Goujit avait un temps fréquenté les sphères régionales en tant que membre du Parlement régional de la jeunesse. Il en a été exclu en mars 2024 après s'être fait passer pour le vice-président de la Région ou pour un membre de l'Éducation nationale. La Région avait alors déposé plainte pour « usurpation de fonctions », « faux et usage de faux » et « escroquerie » contre lui — il n'avait alors que 17 ans.
À Saint-Raphaël, un hôtelier affirme avoir été escroqué par le jeune homme, qui aurait réglé un séjour de 1 600 euros avec des chèques sans provision avant de prendre la fuite.
Animateur de camping, entre mensonges et petites combines
Au mois d'août 2025, Eddie Goujit avait été recruté comme animateur dans un camping de Bourg-Saint-Andéol, en Ardèche. La directrice de l'établissement, interrogée par France Inter, avait raconté qu'il faisait notamment payer cinq euros aux enfants pour accéder à l'aire de jeux. « C'est plus fort que lui, le mensonge : comme quoi il est à Sciences Po, que sa mère est procureure... Il offre à boire, à manger, il dit que c'est la maison qui paye », avait-elle déclaré, excédée.
C'est dans ce même camping qu'il aurait approché Logann pour lui proposer le faux poste dans le Var. La même mécanique, le même charme, le même résultat : une nouvelle plainte et un retour derrière les barreaux pour celui que Bruno Solari surnomme désormais « le nouveau Rocancourt ».
Source: BFM TV