Huit ans de prison pour le chef d'un réseau de migrants syriens via la Guyane
Un Syrien installé à Épinal, dirigeant une société de voyages, condamné à 8 ans ferme pour avoir acheminé 400 à 500 migrants vers la France via le Venezuela et la Guyane.
Réseau de trafic de migrants syriens démantelé : 8 ans de prison et 400 000 € d'amende
Un tribunal a condamné à huit ans de prison ferme le chef présumé d'un vaste réseau de trafic de migrants syriens, selon ce que rapporte Google News MA — Crime (fr). L'homme, trentenaire d'origine syrienne installé à Épinal, dirigeait une société de voyages dénommée « La Sultana Tours » et proposait à ses compatriotes des itinéraires pour gagner la France moyennant entre 1 000 et 8 000 euros par personne.
Le parcours emprunté par les migrants transitait par le Venezuela, puis par la Guyane française, avant une arrivée en France métropolitaine. Entre 2021 et 2025, entre 400 et 500 personnes auraient ainsi été acheminées par cette filière, selon l'accusation.
Une organisation structurée entre la Syrie, la Guyane et la France
Le prévenu était poursuivi pour aide à l'entrée, à la circulation et au séjour irrégulier d'étrangers en France, en bande organisée — des faits commis entre janvier 2021 et août 2025 et passibles de dix ans d'emprisonnement. Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet : outre la peine d'emprisonnement, l'homme devra verser 400 000 euros d'amende et fait l'objet d'une interdiction définitive du territoire français.
L'enquête avait débuté en octobre 2025, après un renseignement transmis à l'Office de lutte contre le trafic illégal de migrants de Metz. Les investigations avaient alors mis en lumière une filière organisée depuis Épinal.
« L'une des plus grandes filières d'immigration de Syriens en France »
À l'audience, le procureur Jean-Emmanuel Besset a qualifié le réseau d'exceptionnel par son ampleur. « L'une des plus grandes, si ce n'est la plus grande filière d'immigration de Syriens en France », a-t-il déclaré. Selon le ministère public, les 400 à 500 personnes ayant emprunté la filière représenteraient « entre 10 et 15 % de l'immigration » syrienne en France sur la période concernée. Plusieurs migrants entendus au cours de l'enquête ont confirmé avoir eu recours aux services du réseau.
Le prévenu invoque l'aide à ses compatriotes
Lors de son procès, le Syrien a reconnu avoir exercé une activité d'agent de voyage, tout en contestant avoir eu conscience de commettre une infraction. « Je suis un citoyen qui a essayé d'aider ses compatriotes », a-t-il déclaré, assisté d'un interprète, présentant ses excuses à plusieurs reprises.
Installé au Venezuela depuis l'âge de 21 ans pour y étudier le droit, puis passé par le Brésil, il avait finalement rejoint Épinal pour retrouver son épouse. Placé en garde à vue début juillet, il avait été maintenu en détention provisoire jusqu'à son procès.
Source: Google News MA — Crime (fr)