Mère d'élève mise en examen pour tentatives de meurtre sur la directrice à Nice

Une femme de 36 ans a braqué la directrice d'une école maternelle avec une arme à feu lundi matin. Elle a été placée en détention provisoire après avoir reconnu les faits en garde à vue.

Mise en examen pour tentatives de meurtre

Selon Actu17, une mère d'élève de 36 ans a été mise en examen mercredi pour « tentatives de meurtre sur un enseignant ou tout membre du personnel travaillant dans un établissement scolaire ». Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a annoncé son placement en détention provisoire. Elle fait l'objet de plusieurs autres charges : arrestation, enlèvement, séquestration, détention arbitraire, port illégal d'armes, détention frauduleuse de documents administratifs et tentative d'évasion.

Les faits de lundi matin

L'incident s'est produit lundi matin à l'école maternelle Clément-Roassal, où deux de ses enfants sont scolarisés. La suspecte aurait braqué la directrice dans son bureau pendant environ une heure, en lui adressant des accusations d'agressions sexuelles dont l'un de ses enfants aurait été victime. « Elle reprenait son arme et en actionnait la queue de détente en la pointant en direction de cette dernière, sans qu'un coup ne parte, et en précisant n'avoir que deux balles », a détaillé le parquet.

Selon le procureur, elle a ensuite posé un couteau sur la joue de la directrice, avant de gifler une enseignante et de pointer l'arme vers elle en quittant l'établissement. Le médecin légiste a fixé une incapacité temporaire de travail d'un jour pour la directrice et de deux jours pour l'enseignante.

Interpellation et perquisitions

Les policiers du SLPJ de Nice ont interpellé la femme rapidement à son domicile, dans le cadre d'une enquête de flagrance. Lors des perquisitions, les enquêteurs ont retrouvé un couteau de type Laguiole et le k-way porté au moment des faits dans sa boîte aux lettres. Plusieurs passeports ont été découverts à son domicile, certains étant susceptibles d'être faux. Durant son transport au poste de police, la suspecte a tenté de s'échapper du véhicule.

« L'exploitation de son téléphone permettait de découvrir un enregistrement partiel des faits tendant à conforter les déclarations des victimes », a poursuivi Damien Martinelli. L'arme visible sur la vidéo apparaissait comme étant un pistolet automatique. La directrice a précisé dans son audition avoir perçu qu'elle était en métal. L'arme n'a pas été retrouvée, la suspecte n'ayant pas indiqué précisément où elle s'en était débarrassée.

Évolution des déclarations en garde à vue

En garde à vue, la mère de famille a d'abord contesté toute violence, en reconnaissant seulement s'être rendue à l'école et avoir échangé avec la directrice. Sa version a ensuite évolué lors d'une seconde audition : elle a reconnu avoir confié ses enfants à une connaissance et s'être rendue à l'école avec un couteau et une arme de poing qu'elle indiquait avoir achetée deux jours avant. Elle a précisé avoir eu l'intention de faire peur au regard des déclarations de son enfant lui laissant penser qu'il avait été victime d'agressions sexuelles.

Elle a reconnu avoir actionné l'arme à plusieurs reprises, en assurant qu'elle la savait vide, mais conteste avoir pointé son couteau sur le visage de la directrice et dit ne pas se souvenir d'avoir été violente. Elle a fini par exprimer des regrets. « S'agissant des accusations d'agressions sexuelles portées par la mise en cause, aucune plainte antérieure ou signalement n'ont été enregistrés », a souligné le procureur. L'examen psychiatrique réalisé pendant sa garde à vue n'a pas mis en évidence la nécessité d'une hospitalisation.

Situation administrative et suivi

Née en 1990 en Tunisie, la femme était en situation irrégulière. Elle a été éloignée vers la Tunisie en juin 2019 à la suite d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), selon le parquet. Une interdiction administrative du territoire a été prise contre elle en décembre 2019 et notifiée après sa condamnation en 2023 pour aide à l'entrée irrégulière.

Selon le procureur, elle a bénéficié en 2022 du statut de réfugié accordé par les autorités italiennes après être entrée sur ce territoire en novembre 2020. Elle est mère de quatre enfants nés entre 2008 et 2022 ; le plus jeune, né à Nice, possède la nationalité française. Depuis fin 2023, elle faisait l'objet d'une assignation à résidence ministérielle, comportant une obligation quotidienne de pointage et un retrait de son passeport.

Suivi pour radicalisation

Selon Nice-Matin, elle a fait l'objet d'un signalement en 2019 qui a conduit à son inscription au Fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Le procureur a confirmé qu'« elle a également fait l'objet d'un suivi au titre de la radicalisation ». Elle est également connue des services de renseignement, selon France Inter.

Interrogé mardi lors des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a déclaré : « Évidemment, cette agression est intolérable. » Il a précisé que « elle bénéficie de protections, étant parent d'un enfant français » et confirmé la situation irrégulière de la suspecte.

Source: Actu17

Read this article in English