Rachida Dati réintègre la magistrature à quelques jours de son procès pour corruption

Rachida Dati a demandé sa réintégration comme magistrate au ministère de la Justice, alors qu'elle doit être jugée pour corruption dès le 16 septembre.

Dati retrouve un poste à la Justice avant son jugement pénal

Selon Google News LU FR, Rachida Dati a obtenu un poste de « premier substitut à l'administration centrale de la justice » au sein du ministère de la Justice, quelques jours avant l'ouverture de son procès pour corruption et trafic d'influence passifs, prévu du 16 au 28 septembre devant le tribunal correctionnel de Paris. Le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) doit encore rendre son avis, attendu dans un délai de quinze jours à un mois.

Le ministère de la Justice a confirmé la démarche : « Mme Dati a sollicité sa réintégration comme magistrate, comme elle en a le droit, et sera prochainement affectée dans le cadre de la procédure de transparence classique des magistrats. » Rachida Dati est en effet magistrate de profession, ce qui lui ouvre juridiquement cette possibilité.

Le principal syndicat de magistrats exprime ses réserves

La demande suscite une vive réaction de l'Union syndicale des magistrats (USM). Son président, Ludovic Friat, juge le calendrier problématique : « L'institution judiciaire est durement critiquée par les responsables politiques, notamment sous l'angle de la déontologie et de la responsabilité des magistrats, mais également sur la nécessité de préserver l'image de l'institution. » Il ajoute que « ce projet de réintégration, à quelques jours d'un procès pénal médiatique concernant l'intéressée, envoie un message contradictoire ».

Des faits présumés entre 2009 et 2013

Au cœur du dossier pénal figure un pacte de corruption présumé : il est reproché à Rachida Dati d'avoir effectué du lobbying illégal au Parlement européen, où elle a siégé comme élue de 2009 à 2019, pour le compte de Renault et de son directeur général de l'époque, Carlos Ghosn. Entre 2009 et 2013, elle aurait perçu 900 000 euros au titre d'une convention de rémunération forfaitaire d'avocats.

L'ancienne ministre conteste les accusations et soutient n'avoir exercé qu'un travail d'avocate légal. Elle encourt dix ans d'emprisonnement ainsi qu'une inéligibilité de cinq ans. Elle reste présumée innocente dans l'attente d'une décision de justice.

D'autres dossiers judiciaires en parallèle

Le nom de Rachida Dati apparaît dans plusieurs autres affaires en cours. Dans un dossier connexe lié à l'affaire Renault-Carlos Ghosn, portant sur une possible enquête privée menée contre un couple qui l'avait mise en cause, elle est placée sous le statut de témoin assisté. Par ailleurs, des juges enquêtent sur ses relations d'intérêts potentielles avec l'Azerbaïdjan et le Qatar durant son mandat de députée européenne. Son domicile et la mairie du 7e arrondissement de Paris avaient été perquisitionnés en décembre 2025 dans ce cadre. Un troisième volet concerne des soupçons de non-déclaration de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique ; une enquête de la police judiciaire et de la brigade financière et anticorruption est en cours.

Parcours politique d'une figure controversée

Âgée de 60 ans, Rachida Dati a occupé le poste de ministre de la Culture sous Emmanuel Macron entre 2024 et 2026, qu'elle avait quitté un mois avant les élections municipales parisiennes de mars. Battue lors de ce scrutin, elle demeure néanmoins maire du 7e arrondissement de Paris. Ancienne garde des Sceaux en 2007, elle avait fait son entrée en politique au début des années 2000 aux côtés de Nicolas Sarkozy.

Source: Google News LU FR

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