Pillages du 17 octobre : enquêteurs de Brest et Rennes traquent casseurs image par image
Après les violences du 17 octobre à Brest et Rennes, les policiers identifient suspects via vidéosurveillance et réseaux sociaux, sans task force dédiée.
Brest et Rennes : les enquêteurs sur la piste des casseurs du 17 octobre
Selon letelegramme.fr, la traque des pilleurs et casseurs qui ont sévi le samedi 17 octobre à Brest et à Rennes se poursuit, mais avec des moyens bien inférieurs à ceux déployés à Paris.
Contrairement à la préfecture de police de Paris, ni Brest ni Rennes ne disposent d'une « task force » dédiée, de spécialistes en analyse vidéo ni de ce que les enquêteurs appellent la « filature numérique » — une méthode consistant à suivre un suspect via un réseau de caméras de vidéoprotection jusqu'à son domicile. « À Brest, le réseau de caméras est tellement maigre que ce n'est de toute façon pas envisageable », confie une source policière.
Un pool d'enquêteurs mobilisé, mais débordé
À Rennes, un pool d'enquêteurs est activé lors de chaque manifestation afin de maintenir un dispositif réactif. Le 17 octobre, cependant, le nombre de casseurs présents a rendu toute interpellation en temps réel quasiment impossible : manque de geôles, de véhicules, d'officiers de police judiciaire (OPJ) et de magistrats disponibles pour traiter les gardes à vue. Une source rennaise assure néanmoins que le dispositif sera « XXL » pour la prochaine manifestation prévue le samedi suivant.
L'identification a posteriori, technique centrale
Faute d'arrestations sur le moment, les enquêteurs misent sur l'identification différée. Plusieurs d'entre eux décrivent leur méthode : exploitation des images de vidéosurveillance de rue, des caméras de commerces et des publications sur les réseaux sociaux. « Si l'on n'identifie pas quelqu'un visuellement, les images peuvent, en revanche, nous permettre de matérialiser des zones de contact, où l'on pourra prélever des empreintes papillaires et/ou génétiques », expliquent-ils. L'analyse des relevés téléphoniques et les auditions de témoins complètent ce dispositif classique.
À Brest, les six enquêteurs mobilisés auraient déjà réussi à identifier de premiers auteurs d'atteintes aux biens grâce à ces techniques. En revanche, l'identification des assaillants — ceux qui s'en sont pris aux personnes — n'aurait pas encore abouti à ce stade.
Des disparités de moyens entre grandes et petites métropoles
Le contraste entre Paris et les deux métropoles bretonnes illustre une réalité structurelle : les ressources humaines et technologiques disponibles pour ce type d'enquête varient fortement selon la taille des villes. À Paris, des équipes spécialisées en analyse vidéo et en exploitation de données numériques peuvent être déployées rapidement. À Brest et Rennes, les enquêteurs s'appuient sur les outils du droit commun, sans renfort extérieur signalé à ce stade.
Source: Google News LU FR