IS-Sahel ontwikkelt corridor naar Europa via Marokko en Spanje, waarschuwt Lawfare-rapport

Un rapport de Lawfare et Brookings met en garde contre les réseaux logistiques de l'État islamique reliant l'Afrique de l'Ouest à l'Europe du Sud via le Maroc et l'Espagne.

IS-Sahel ontwikkelt corridor naar Europa via Marokko en Spanje, waarschuwt Lawfare-rapport

IS-Sahel consolide un corridor de recrutement entre l'Afrique de l'Ouest et l'Europe du Sud

Selon Hespress, un rapport publié par le site américain de recherche en sécurité nationale Lawfare, en collaboration avec la Brookings Institution, avertit que la branche sahélienne de l'État islamique développe des réseaux logistiques reliant l'Afrique de l'Ouest à l'Europe méridionale, soulignant la nécessité d'un renforcement de la coopération sécuritaire entre le Maroc et l'Espagne.

Le rapport soutient que traiter les défis sécuritaires au Sahel comme un problème lointain pourrait, à terme, exposer l'Europe à des risques accrus. Il appelle les pays européens à renforcer leurs défenses contre les opérations djihadistes émanant de la région.

De l'insurgence régionale aux ambitions européennes

L'État islamique Province Sahel (IS-Sahel), autrefois principalement une insurrection régionale, cherche de plus en plus à inspirer ou à mener des attentats en Europe, selon le rapport. Le document cite le cas d'Abd Belout, décrit comme un ressortissant allemand d'origine libanaise, qui aurait tenté de se rendre en Mauritanie pour rejoindre l'État islamique au Mali avant de chercher à atteindre le Liban, puis la Syrie dans le même but.

Belout aurait ensuite commis un attentat à Berlin en juillet, en conduisant un camion de location dans une foule participant à la Christopher Street Day, la célébration Pride de la ville, avant de poursuivre l'assaut au couteau. L'attaque aurait tué une personne et blessé 29 autres avant que la police ne neutralise l'assaillant.

Un corridor Sahel–Espagne exploitant les routes de contrebande

Le rapport présente les déplacements de Belout comme l'illustration d'un corridor de soutien prétendument développé par IS-Sahel, s'étendant depuis ses bastions au Mali, au Niger et au Burkina Faso vers l'Espagne. Ce réseau exploiterait les routes de contrebande et les réseaux extrémistes en ligne pour recruter, financer et faciliter des opérations des deux côtés de la Méditerranée.

Bien que le nombre de recrues étrangères rejoignant IS-Sahel reste bien inférieur aux flux mondiaux de combattants étrangers ayant rejoint le califat autoproclamé à son apogée, le rapport avertit que le groupe pourrait générer davantage d'attaques dans les pays occidentaux à mesure que les ressources des services de renseignement se concentrent sur d'autres menaces.

Démantèlement de cellules liées à IS-Sahel depuis 2025

Le rapport précise que les autorités marocaines ont démantelé plusieurs cellules liées à IS-Sahel depuis 2025, dont un réseau à Tanger qui aurait financé des combattants au Sahel et en Somalie tout en préparant des attaques en Espagne. Il indique également que l'État islamique a lancé des appels explicites à des attentats au Maroc, en Tunisie et en Espagne.

Les connexions transfrontalières font partie de la structure d'IS-Sahel depuis ses débuts sous son premier chef, Adnan Abu Walid al-Sahrawi, tué en 2021. Depuis lors, le groupe s'est réorganisé en intégrant un mélange plus diversifié de membres étrangers et locaux issus de différentes origines ethniques et nationales, notamment Peuls, Arabes, Touaregs, Daoussahak, Songhais et Zarmas.

Ancrage local et diversification des financements

Selon le rapport, IS-Sahel a poursuivi une stratégie visant à accroître son acceptation au sein des populations locales, créant ainsi des sources de recrutement et de financement plus durables. Le groupe s'est présenté comme un protecteur des communautés ethniques marginalisées, notamment les éleveurs peuls, en exploitant les griefs des zones défavorisées contre les gouvernements nationaux et les groupes armés rivaux.

Des rapports de surveillance des Nations Unies cités dans l'analyse suggèrent que cette approche a renforcé l'influence du groupe, notamment au Mali. Le soutien local croissant a également permis à IS-Sahel de diriger davantage de ressources au-delà du Sahel et d'apporter une assistance à d'autres affiliés de l'État islamique.

Le corridor Tanger–Baléares, axe central du dispositif

Le rapport identifie un corridor Maroc–Espagne, notamment la route reliant Tanger, le détroit de Gibraltar et les îles Baléares, comme un canal opérationnel pour ces activités. L'analyse cite l'arrestation signalée en mars de la cellule « Tanger-Majorque » par les autorités sécuritaires marocaines, ainsi que le démantèlement d'un réseau de 12 membres connu sous le nom de « Lions du Califat au Maghreb », réparti dans neuf villes et cherchant prétendument à établir une cellule IS-Sahel à l'intérieur du Maroc.

Lacunes dans le dispositif antiterroriste européen

Les efforts antiterroristes européens se sont largement concentrés sur la branche Khorasan de l'État islamique et les vestiges de l'organisation au Moyen-Orient, accordant comparativement moins d'attention aux menaces provenant du Sahel, argumente le rapport. Il identifie les mineurs et les individus qui maintiennent un profil bas tout en voyageant vers et depuis des zones de conflit comme des préoccupations persistantes pour les services de renseignement.

Avec une capacité croissante à inspirer, diriger ou coordonner des attaques, IS-Sahel pourrait chercher à exploiter les failles juridiques et opérationnelles des systèmes antiterroristes européens, conclut le rapport. L'analyse souligne l'importance d'une coopération plus étroite entre le Maroc et l'Espagne pour perturber les voies de recrutement, de financement et les routes logistiques reliant le Sahel à l'Europe.

Source: Hespress

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