Procès pour triple infanticide annulé aux États-Unis : le jury reste divisé sur Lindsay Clancy

Le tribunal de Plymouth a annulé le procès de Lindsay Clancy, faute de verdict unanime sur sa responsabilité pénale lors de l'étranglement de ses trois enfants.

Mistrial à Plymouth : le jury ne parvient pas à trancher sur le cas Lindsay Clancy

Selon Google News LU FR, le procès pour triple infanticide de Lindsay Clancy s'est achevé vendredi 4 septembre par une annulation, après que les douze jurés du tribunal de Plymouth, dans le Massachusetts, n'ont pas réussi à s'entendre sur un verdict unanime — condition exigée par la procédure pénale américaine.

Le juge William Sullivan a lu une déclaration écrite des jurés reconnaissant, « le cœur lourd », leur incapacité à parvenir à un accord. « Je vais déclarer le jury bloqué et prononcer l'annulation du procès », a-t-il déclaré, avant de remercier chaleureusement les jurés d'avoir accompli leur « devoir » de citoyens et de les libérer.

Les faits

Le 24 janvier 2023, en l'absence de son époux Patrick, Lindsay Clancy, alors âgée de 36 ans, étrangle ses trois enfants : Cora (5 ans), Dawson (3 ans) et Callan (8 mois). Elle tente ensuite de se suicider en se défenestrant. Grièvement blessée à la colonne vertébrale, elle se déplace depuis en fauteuil roulant.

Un jury quasi unanime, mais bloqué

D'après l'AFP, qui s'appuie sur des informations ayant filtré des échanges au tribunal, onze jurés — neuf femmes et trois hommes composaient le panel — semblaient favorables à l'acquittement de Clancy sur le fondement de l'irresponsabilité pénale. Un seul juré s'y opposait, rendant l'unanimité impossible.

Deux camps irréconciliables

Depuis l'ouverture du procès le 27 juillet, la défense a soutenu que la santé mentale de Lindsay Clancy s'était gravement détériorée, que les médecins n'avaient pas su la diagnostiquer correctement et qu'elle n'avait pas conscience de ses actes au moment du drame. La mère de famille a elle-même affirmé avoir entendu une voix lui ordonnant de tuer ses enfants.

L'accusation n'a jamais accepté cette version. Selon les procureurs, ce jour-là, Lindsay Clancy disposait de toutes ses facultés lorsqu'elle a étranglé ses enfants et tenté de mettre fin à ses jours. Malade, oui — mais pénalement responsable, selon le parquet.

Des milliers de sympathisants, convaincus de son irresponsabilité pénale, s'étaient déplacés devant le tribunal pour lui manifester leur soutien tout au long de la procédure. L'affaire a généré une médiatisation massive aux États-Unis, des millions de téléspectateurs ayant suivi les débats en direct à la télévision.

La psychose post-partum au cœur du débat

Le cas de Lindsay Clancy a mis en lumière une pathologie méconnue, rapporte le correspondant de RFI à Washington, Vincent Souriau : la psychose post-partum. Ce trouble psychiatrique touche deux femmes sur 1 000 dans les semaines suivant l'accouchement et entraîne des risques graves, notamment d'infanticide.

La suite de la procédure reste ouverte

L'annulation du procès ne met pas fin à la procédure judiciaire. Lindsay Clancy peut être rejugée par un nouveau jury, conclure un accord de plaider-coupable, ou accepter d'être internée dans un établissement psychiatrique pour une durée indéterminée.

Interrogé à l'issue de l'audience, le procureur de Plymouth Tim Cruz a indiqué qu'il « prendrait cette décision bientôt » concernant l'organisation d'un éventuel nouveau procès.

Source: Google News LU FR