Vols dans les cimetières belges : un couple roumain interpellé, les communes sans moyens
À l'approche de la Toussaint, les vols d'objets funéraires se multiplient en Belgique. Un couple a été interpellé en Communauté germanophone, le butin chiffré à plusieurs milliers d'euros.

Cimetières pillés avant la Toussaint : fleurs, bronzes et statuettes dans le viseur des voleurs
Un couple de ressortissants roumains, âgés de 35 et 40 ans, a été interpellé ce lundi pour des vols d'objets funéraires commis en Communauté germanophone, rapporte DHnet. Les enquêteurs avaient ciblé deux cimetières où vases, lanternes et sculptures avaient été dérobés à plusieurs reprises sur une période de six mois. Le préjudice total s'élève à plusieurs milliers d'euros.
Des faits comparables ont été signalés cette année dans d'autres communes wallonnes : Fernelmont, Fleurus, Wavre et Sambreville sont toutes concernées. Xavier Deflorenne, référent cimetières pour la Région wallonne, note une évolution dans les pratiques des voleurs. « Auparavant, on observait surtout des vols d'antiquité, comme des statues, des jardinières ou des balustrades en métal, destinés à la revente. Désormais, les voleurs cassent les vieux métaux pour les fondre rapidement et les recycler en matériaux nobles », explique-t-il.
Ces matériaux récupérés sont ensuite écoulés auprès de fondeurs ou de ferrailleurs, souvent établis dans des communes proches de la frontière française. Deflorenne pointe une asymétrie réglementaire qui complique les recherches : « La législation sur la traçabilité n'est pas la même en France qu'en Belgique. Là-bas, il n'est pas nécessaire de présenter sa carte d'identité, ce qui rend l'identification très compliquée. » Les cibles privilégiées restent, selon lui, « les crucifix, le lettrage, les plaquettes et les statuettes — tout ce qui est en laiton ou en bronze ».
Fleurs volées, familles choquées
Les bouquets déposés sur les sépultures ne sont pas épargnés non plus, en particulier à l'approche de la Toussaint. Thomas Degueldre, coordinateur de la gestion des cimetières à Namur, décrit une réalité qui dépasse le simple larcin : « Certains prennent les cimetières pour des pépinières gratuites. Il m'arrive que des familles viennent me trouver parce que des fleurs posées sur une tombe se retrouvent deux rangées plus loin. Le déplacement volontaire de fleurs d'une sépulture à l'autre est malheureusement une réalité, plus fréquente que le vol pur et simple. »
Des traceurs GPS testés en France, pas encore en Belgique
En France, où les vols de fleurs et d'objets en métal sont également en hausse, certaines communes ont recours à des traceurs GPS dissimulés dans des statuettes ou des bouquets pour identifier les auteurs. En Normandie, un couple excédé par les vols récurrents dans un cimetière a caché un dispositif GPS dans un pot d'hortensias. L'objet a été dérobé par un autre couple, que les propriétaires ont pu localiser grâce au traceur. Les auteurs ont reçu un rappel à la loi.
Deflorenne juge la mesure pertinente, mais reste sceptique quant à son déploiement en Belgique. « Il faudrait recourir aux technologies pour installer des traceurs, mais cela demanderait un investissement que les communes ne veulent pas consentir. Et même si cela permettait de remonter jusqu'aux voleurs, la police nous répondrait qu'on ne retrouvera de toute façon pas les objets, déjà fondus ou revendus. Il faut dès lors que les gestionnaires des cimetières puissent plus rapidement identifier tout élément volé et pas deux semaines plus tard. »
Namur sensibilise les familles
À Namur, Degueldre a diffusé un toutes-boîtes à destination des habitants pour prévenir les vols pendant la période de Toussaint. Il recommande aux familles de photographier les objets de valeur présents sur les tombes afin d'en faciliter l'identification en cas de disparition, et de signaler tout comportement suspect. Il conseille également de marquer les objets en bronze et en cuivre, « sachant que des contrôles réguliers sont effectués pour vérifier le respect des règles d'identification et d'enregistrement lors de la vente de vieux métaux chez les ferrailleurs ».
Statues historiques arrachées à Wandre et Lodelinsart
Outre les récentes interpellations en Communauté germanophone, plusieurs cimetières ont subi des pertes significatives ces derniers mois. À Wandre, en septembre, une statue historique en bronze installée à plus de cinq mètres de hauteur depuis 1925 a été arrachée au cimetière de Rabosée. Un mois plus tôt, à Lodelinsart, une autre statue en bronze de 1,5 mètre avait également disparu — les auteurs ayant dû s'y reprendre à deux reprises pour parvenir à la détacher et l'emporter.
Source: DHnet