Double meurtre de deux jeunes femmes à Rivière-du-Loup, deux incendies suspects
Cassandre Hamel Hardy, 19 ans, et Noémie Dionne, 24 ans, ont été abattues dans un véhicule à Rivière-du-Loup. Deux incendies suspects ont suivi, sans lien établi par la Sûreté du Québec.

Deux femmes assassinées, une ville sous le choc
Google News MA — Crime (fr) rapporte que plusieurs événements violents ont secoué Rivière-du-Loup et ses environs en l'espace de quelques jours. Cassandre Hamel Hardy, 19 ans, et Noémie Dionne, 24 ans, ont été tuées par balles dans la nuit de jeudi à vendredi, alors qu'elles se trouvaient dans un véhicule stationné derrière un restaurant à l'angle de la rue Plourde et du boulevard Cartier. Selon des sources policières, l'événement serait lié au crime organisé.
« C'est décewant. C'est des jeunes filles, ils n'avaient pas d'affaire à les tuer », a déclaré un résident de Rivière-du-Loup rencontré par Radio-Canada dimanche.
Les deux victimes résidaient dans le village de Saint-Pascal, situé à une quarantaine de kilomètres de Rivière-du-Loup. La mairesse de la municipalité, Solange Morneau, indique les avoir déjà rencontrées. « De voir qu'elles ont été tuées, ça, c'est inacceptable », a-t-elle commenté dimanche.
La mairesse de Saint-Pascal interpellée
Depuis l'annonce des décès, Morneau affirme avoir été contactée à de nombreuses reprises par des citoyens inquiets. Elle a indiqué son intention de s'adresser prochainement à la Sûreté du Québec.
« Au niveau de la MRC, nous, on rencontre à tous les trois mois la Sûreté du Québec et fort probablement que ça sera un sujet important [...] parce que ça aurait pu être à Saint-Pascal. Les deux filles ont vécu ici », a-t-elle précisé.
La mairesse demande notamment au corps policier de sensibiliser et d'accompagner les jeunes de la communauté, particulièrement ceux qui connaissaient les victimes. « Je suis convaincue que c'est ce qu'ils vont faire et, vraiment, d'encadrer les familles qui vivent un deuil très, très important », a-t-elle ajouté.
Deux incendies suspects en moins de 48 heures
Dans les heures et les jours qui ont suivi le double meurtre, deux incendies qualifiés de suspects ont été signalés dans la région : l'un sur la rue Laval, survenu à 4 h du matin vendredi — soit quelques heures après les meurtres —, l'autre sur la rue Morin. La Sûreté du Québec (SQ) précise ne pas établir de corrélation entre ces trois événements pour l'instant. Aucun suspect n'a été appréhendé en lien avec l'un ou l'autre de ces incidents.
Un deuxième citoyen a confié à Radio-Canada sa stupéfaction : « C'est sûr que c'est surprenant. Moi, quand je suis déménagé ici, je pensais pas qu'il y avait ça qui se passait. »
Un ex-commandant du SPVM analyse les faits
Minh-Tri Truong, ex-commandant aux enquêtes criminelles au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), indique ne pas être surpris qu'un double meurtre lié au crime organisé survienne au Bas-Saint-Laurent. Il rappelle que les guerres de territoires liées au trafic de stupéfiants ont déjà touché de petites municipalités, notamment au tournant des années 2000.
Ce qui l'étonne davantage, c'est le profil des victimes : deux femmes de moins de 25 ans. Truong reconnaît que des femmes ont déjà servi de courriers pour des organisations criminelles, mais juge que les informations disponibles ne permettent pas d'établir un lien direct entre les victimes et le trafic de drogues.
« Déjà, on n'envoie pas deux filles sur un deal de drogue. Alors, je sais pas pourquoi il y a eu un double meurtre, là, sur deux filles », a-t-il déclaré. Il penche plutôt pour un règlement de comptes, et doute que les tireurs aient formellement identifié les occupantes du véhicule avant d'ouvrir le feu.
« C'est pas tous des tueurs comme qu'on voit dans les films, des professionnels. Souvent, c'est leur premier meurtre. Alors, quand ils voient le véhicule arriver, ils présument que le suspect est au volant et sur le stress, la panique, ils ont décidé de tirer sans identifier qui est le conducteur », a-t-il supposé.
Des pistes via les caméras de surveillance
Malgré l'absence d'arrestation, Truong se dit confiant que les enquêteurs identifieront des suspects rapidement. Il fait valoir que le tissu social serré de Rivière-du-Loup et la densité du réseau de caméras de surveillance sur les axes routiers de la région constituent des atouts pour l'enquête.
« Les autoroutes, il n'y en a pas 56. Alors, il y a des caméras un peu partout. Ils vont peut-être pouvoir, ça va prendre un certain temps, visualiser les caméras », a estimé l'ex-commandant. « Ils vont pouvoir, j'ai l'impression, au moins identifier un des suspects, ce qui pourrait faire avancer l'enquête. »
Avec les informations de Patrick Bergeron et d'Isabelle Damphousse
Source: Google News MA — Crime (fr)